Les Missionnaires de Notre Dame de La Salette en France

Jusqu'en 1880, l'histoire de l'Institut des Missionnaires de La Salette en France se confond avec l'histoire des l'Institut en général. Toutes les communautés sont situées au diocèse de Grenoble : aux sanctuaires de La Salette et de Pipet à Vienne, à Corps et à Grenoble. La fondation de l'école apostolique en 1876 prépare l'extension de l'Institut au-delà des frontières. En 1880 un groupe de missionnaires part en Norvège. Sur les onze salettins, il y a sept scolastiques ! L'année suivante, nouveau franchissement des frontières, en direction de la Suisse toute voisine cette fois, avec la fondation d'un scolasticat dans le Valais. Bientôt des Suisses vont y rejoindre les jeunes Français. Au cours des dernières années du dix-neuvième siècle des Français partiront pour l'Amérique du Nord et pour Madagascar. D'autres vont bientôt partir pour l'Amérique du Sud et pour la Pologne.

Entre temps, la Congrégation s'est implantée en diverses parties de la France : dans le centre, à Noirétable, où elle prend en charge le vieux sanctuaire de Notre Dame de l'Hermitage (1889); tout près de la Mer Méditerranée, au Mont Saint Clair à Sète, où existe un sanctuaire salettin (1898) ; à Villeurbanne près de Lyon (1899), où elle va fonder un orphelinat. Mais tout change en 1901, lorsque l'Etat français adopte une loi qui interdit aux congrégations religieuses d'exister, sauf autorisation spéciale, jamais accordée à de très rares exceptions près. Il nous faut quitter notre maison mère, le sanctuaire de La Salette. Les maisons de Grenoble (rue Chanrion) et de Corps (Saint Joseph) sont confisquées, ainsi que celle, ouverte depuis peu, de Châtillon-sur Chalaronne, située tout près de la paroisse du saint curé d'Ars. Pour donner un exemple de la situation absurde ainsi créée : les Pères Angelier et Gachet sont condamnés à des peines de prison pour avoir continué à habiter à Notre Dame de l'Hermitage ! S'ils veulent se livrer au ministère en France, les M.S. doivent cacher leur appartenance à l'Institut. Les œuvres de formation doivent s'exiler. Dès 1901 une maison est fondée à Tournai en Belgique. Elle abrite l'école apostolique et, plus tard, également le scolasticat.

La guerre de 1914-1918 entraîne, indirectement, un net changement dans les relation entre l'Eglise et les pouvoirs publics. Les religieux peuvent revenir en France. Dès 1914 les M.S. prennent en charge une œuvre de jeunesse dans un quartier populaire de Paris. Puis ils reviennent à Grenoble, à Corps, à Notre Dame de l'Hermitage et, finalement, en 1943, au sanctuaire notre maison-mère. Ils prêchent des missions paroissiales et prennent en charge des paroisses. Des écoles apostoliques rouvrent en France. La dernière en date, celle fondée en 1950 à Voiteur, dans l'est de la France, non loin de la Suisse, fonctionnera plus de trente ans. Le scolasticat s'établit finalement à Alaï-Francheville près de Lyon, dans une maison qui, pendant la guerre, avait abrité l'Administration générale de l'Institut.

Pour que cette présentation du passé de la Province de France puisse être qualifiée d'objective, il nous faut ajouter quelques précisions douloureuses. Fin 1968 la Province comptait 165 membres dont 102 prêtres (sans compter les religieux français de Madagascar). Tous étaient entrés dans la Congrégation en France. D'après les dernières statistiques (fin 2010), elle ne compte plus que 39 membres entrés dans la Congrégation en France. La dernière ordination d'un membre de la Province né en France remonte à 1978 ! Des maisons ont dû être fermées, faute de personnel. Des renforts sont arrivés, heureusement, douze prêtres et un diacre, venant d'autres provinces, de Pologne d'abord, puis d'Amérique du sud, de Madagascar, d'Afrique, d'Asie.
Avec leur aide, une nouvelle maison a pu être fondée en 2007 dans l'archidiocèse de Besançon, où nous avons pris en charge le sanctuaire marial de Notre Dame du Chêne.

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