Appelés dès la naissance
(Naissance de Jean Baptiste : Isaïe 49, 1-6 ; Actes 13, 22-26 ; Luc 1, 57-66, 80)
Les voisins et la famille d’Elisabeth se demandaient ce que deviendrait son enfant. Nous connaissons maintenant son histoire. Son rôle : marcher devant, à la face du Seigneur, et préparer ses chemins. Il se rendait bien compte qu’il n’en était pas digne. Il semble même avoir eu pour un moment le sentiment du Serviteur du Seigneur chez Isaïe : « Et moi, je disais : Je me suis fatigué pour rien, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. »
Mélanie Mathieu et Maximin Giraud furent, disons-le, appelés dès la naissance à annoncer l’évènement de la Salette. La vie des deux, plus tard, a été plutôt instable, en partie parce que ceux qui les entouraient pensaient qu’ils étaient destinés à une vocation ecclésiastique. Ils s’y essayèrent bien volontiers, mais sans succès pour ni l’un ni l’autre.
D’après les descriptions contemporaines, Maximin aurait pu être ce qu’on appelle aujourd’hui autiste, incapable de rester tranquille. Il n’a jamais trouvé sa place dans aucune des occupations qu’il a poursuivies, et s’est souvent trouvé criblé de dettes. Il est mort en 1875, âgé seulement de 40 ans.
Mélanie au début était excessivement taciturne et timide, mais avec le passage des années, un changement extraordinaire « a bouleversé les rapports entre Mélanie et l’apparition du 19 septembre 1846 : c’est la voyante qui est devenu le personnage central, tandis que le fait de la Salette vient occuper une modeste place parmi de nombreux autres phénomènes extraordinaires. » (Jean Stern, m.s.)
Mon but ici n’est pas d’insister sur l’indignité de Mélanie et de Maximin. Cela va sans dire. Comme Jean Baptiste, sans mérite personnel ils ont été choisis par la grâce de Dieu dans son plan divin.
Oui, Dieu nous appelle à la sainteté. Cela ne change pas ce que nous sommes. De fait, les défauts des enfants rendaient leur récit plus croyable. Ignorants qu’ils étaient, ils n’auraient pu inventer une telle histoire, encore moins un tel message, et dans une langue qu’ils connaissaient à peine. Mais leur simplicité, leur humilité et leur fidélité à raconter le fait les rendaient d’autant plus dignes de foi.
Personne n’aurait réussi à prédire comment seraient leurs vies après l’apparition. Nous connaissons maintenant leur histoire. Essentiellement nous y voyons une rencontre avec le divin, à laquelle Dieu les avait destinés et, malgré leurs défauts, une fidélité à la mission reçue. Les témoins de la Belle Dame nous sont, à tous et chacun, d’excellents modèles.
Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

L'œuvre de Dieu
(Onzième dimanche du temps ordinaire: Ézéchiel 17, 22-24 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34)
L'épouse d'un cultivateur m'a dit une fois que la seule forme légale de jeu de hasard dans son Etat d’Iowa était l'agriculture. Jésus, de sa part, présente l'agriculture comme un acte de foi. La graine est plantée et se transforme mystérieusement selon le plan du créateur pour produire des fruits et fournir de l'ombre. C'est l'œuvre de Dieu. Tel est le Royaume de Dieu.
Les communautés autour de La Salette en 1846 comprenaient bien cela. L'agriculture était leur vie, et d’autant plus risquée après les désastreuses récoltes des deux denrées de base: le blé et les pommes de terre.
«Si vous avez du blé, disait Marie à La Salette, il ne faut pas le semer. Tout ce que vous sèmerez la vermine mangera, et tout ce qui poussera tombera en poussière quand on le battra. » Les professeurs du grand séminaire de Grenoble, écrivant à l'évêque en décembre 1846, trouvèrent cela troublant. "Cette recommandation semble suspecte, contrairement aux règles de la prudence et aux lois du Créateur ... A-t-elle vraiment interdit de semer?"
La presse laïque a déclaré qu'une telle idée était un abus de l'autorité ecclésiastique pour terrifier la partie de la population la ‘moins éclairée’.
En effet, hors de contexte, les paroles de la Vierge semblent presque cruelles. Mais nous devons considérer l'ensemble de l'Apparition et du message.
Voyez la deuxième lecture. St Paul écrit, « Il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps ». Ce n'est pas un mot populaire. Mais c'est un rappel à considérer notre mode de vie. Saint Paul renforce ainsi ce qu'il a dit auparavant: « Nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. »
Dieu dit par le prophète Ézéchiel,qu'il plantera sur une haute montagne d'Israël un cèdre majestueux qui portera ses fruits et abritera les oiseaux. Il restaurera la gloire d'Israël et en fera à nouveau un peuple fidèle. « Je suis le Seigneur, j’ai parlé, et je le ferai. »
Les paroles de Marie sont dans la même tradition prophétique. Nous pouvons en effet être fidèles, nous pouvons marcher par la foi, si nous vivons dans l’obéissance de la foi (voir aussi Hébreux 11). Le reste (les semailles, la croissance, le fruit), c’est l'œuvre de Dieu.
Traduction : Paul Dion

Frère, Sœur, Mère
(Genèse 3, 9-15 ; 2 Corinthiens 4, 13—15, 1 ; Marc 3, 20-35)
Nous avons un Évangile étrange aujourd'hui. Les gens de chez Jésus pensaient qu'il avait perdu la tête. Les scribes opinaient qu'il était possédé. Jésus répondit avec un mystérieux dicton sur le blasphème contre le Saint-Esprit. Puis ses proches sont arrivés pour ‘se saisir de lui,’—accompagné de sa mère !
C'est le contexte dans lequel Jésus lance un dicton apparemment dédaigneux à propos de sa mère : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? »
La réponse à cette question fait écho au récit de l'Annonciation chez St Luc où Marie dit : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Quiconque fait la volonté de Dieu est le frère, la sœur, la mère de Jésus. C'est donc une louange de la part de Jésus.
Notre lecture de la Genèse concorde également avec cette idée. Dès 100 AD, les auteurs de l'Église commencèrent à comparer Ève et Marie, notant les fruits de la désobéissance de l'un et de l'obéissance de l'autre. Comme Jésus était le nouvel Adam, ils voyaient Marie comme la nouvelle Ève. Ceci est équivalent à Romains 5, 12-19, où Saint Paul tire le contraste entre Adam et Jésus.
Quand Marie à La Salette appelle son peuple à se soumettre, elle nous invite à être comme elle. C'est par son humble soumission qu'elle a reçu le privilège d'être la mère du Sauveur. Ne pouvons-nous pas nous humilier devant le Seigneur, confiants dans sa grâce et sa faveur ? Ne pouvons-nous pas accepter les souffrances que nous éprouvons dans ‘cette tente qui est notre demeure sur la terre,’ en espérant ‘un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.’ ?
Mais il y a plus ici que la question de la soumission et de l'acceptation. Jésus appelle « frère, sœur et mère » ceux qui font la volonté de Dieu, qui est son Père, « de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom », comme l'écrit saint Paul dans Éphésiens 3, 15.
Dieu désire une relation avec nous. La Belle Dame pleure parce que son peuple n'a pas répondu, n'a pas reconnu ni désiré l’immense joie que suscite l'intimité avec Dieu.
Les mystiques et les saints ont trouvé les mots pour exprimer cette expérience, mais elle reste accessible à tous ceux qui font la volonté de Dieu. Jésus nous a donné sa parole.
Traduction : Paul Dion

L’Alliance
(Le Saint Sacrement : Exode 24, 3-8 ; Hébreux 9, 11-15 ; Marc 14, 12-26)
Deux mots ressortent des lectures d’aujourd’hui : sang et alliance.
Une alliance est un accord ou un traité dans lequel les droits et responsabilités des parties sont clairement énoncés. En cela elle ressemble un contrat, un arrangement commercial, un traité.
Mais c'est bien plus qu'un contrat, précisément parce que, dans la Bible au moins, il s'agit avant tout d'une relation. Le peuple d'Israël a compris ce que cela impliquait et a dit : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. » Leur relation avec le Dieu qui les avait délivrés de l'esclavage représentait tout pour eux.
L'alliance entre Dieu et Israël se résume dans les mots : « Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. »
‘Mon peuple’ : ces mots se retrouvent une fois au début et deux fois à la fin du discours de la Vierge de La Salette. Elle s'exprime ainsi parce qu'elle a une place particulière dans l'alliance qui lui avait été assignée au pied de la croix. Le peuple pour qui son Fils a versé son sang est aussi son peuple.
Le sang de l'alliance de Jésus, comme nous le rappelle la lettre aux Hébreux, est plus efficace que le sang de tout sacrifice prescrit que ce soit, du sang d'animaux. Il est versé ‘pour la multitude’, pour les personnes sans nombre qui viendront à trouver en lui le salut, et célébrer ce don dans l'Eucharistie.
« L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travail¬lent le dimanche, tout l'été. » À un certain moment de son histoire, son peuple a cessé d'apprécier le sacrement du Corps et du Sang du Christ. Au lieu d'être le signe de l’Alliance, la Messe était devenue une obligation non désirée, un fardeau à rejeter. On ne célébrait plus le don.
Ceux qui croient que Marie n'est venue à La Salette que pour exiger l'obéissance aux obligations, n’ont rien compris. Son message vise à rétablir une conscience de l'alliance entre son Fils et son peuple, et une appréciation de l'immense valeur de cette relation.
Prenant ses mots à cœur, nous pouvons prier avec le psalmiste, « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? »

La crainte de Dieu
(Dimanche de la Trinité : Deutéronome 4, 32-40 ; Romains 8, 14-17 ; Matthieu 28, 16-20)
« Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine. »
Si nous pouvions imaginer la Sainte Vierge au ciel en train de méditer sur les Écritures, nous pourrions penser que ces versets du psaume responsorial d'aujourd'hui sont la raison pour laquelle elle s'est décidée à venir à La Salette. Elle voulait que son peuple soit préservé de la famine imminente et délivré de la mort des petits enfants.
Mais il y avait un problème : son peuple n'était pas parmi ceux qui craignaient Dieu. ‘La crainte du Seigneur’ est un thème récurrent (environ 750 fois) dans la Bible. Cela ne signifie pas avoir peur de Dieu, mais avoir un saint respect pour lui. (Si vous étiez présenté à une personne célèbre que vous avez grandement respectée, ne voudriez-vous pas éviter tout ce qui pourrait l’offenser ?)
Marie dit aux enfants : « N’ayez pas peur. » Cela ne l'a pas empêchée d'essayer de rétablir la bonne crainte du Seigneur parmi son peuple.
De toute évidence, comme les générations après Moïse, ils avaient oublié toutes les merveilles que Dieu avait faites pour eux. Ils étaient baptisés, comme Jésus l'avait ordonné, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, mais leur adoption en tant qu'enfants de Dieu avait perdu son sens. Cela n’avait pas fait d’eux des disciples.
Ils n'avaient pas mis leur confiance en Dieu ni mis leur espoir en son amour. Ils montraient peu de respect pour leur Sauveur, en utilisant son nom pour exprimer leur colère. Ils avaient rejeté le don du repos du sabbat. Ils refusaient l'obligation de rendre à Dieu le culte qui lui était dû. Ils ne le craignaient pas.
Pourtant, ils vivaient dans la peur, non pas de Dieu mais d'un avenir sombre. La Belle Dame a même accentué cela en prophétisant l'échec de la récolte de blé, des pommes de terre, des raisins, même des noix.
Mais elle ne s'est pas arrêtée là. Un meilleur avenir était possible, si seulement ils pouvaient comprendre que la relation entre Dieu et nous est essentielle, pas optionnelle.
Son message est comme celui de Moïse : "Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre.
Tu garderas les décrets et les commandements du Seigneur que je te donne aujourd’hui, afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie… ‘’
Traduction : Paul Dion

Tout à tous
(Pentecôte : Actes 2, 1-11 ; Galates, 16-25 ; Jean 15, 26-27 et 16, 12-15)
Notre titre est tiré de la première Lettre aux Corinthiens 9, 22, où saint Paul écrit : « Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. » Mais, comparé au Saint-Esprit, la prétention de saint Paul est vide.
Après la deuxième lecture, il y a une ‘séquence’, le poème Veni Sancte Spiritus. Ici l'Esprit est décrit comme "dispensateur des dons," signifiant que tous les dons spirituels viennent de lui. En un verset, il est « dans la fièvre, la fraîcheur » ; plus tard, nous le prions, « réchauffe ce qui est froid ». En d'autres termes, l'Esprit vient toujours avec le don qui est nécessaire.
Dans nos lectures, nous voyons cela dans la multiplicité des langues dans les Actes, dans les fameux fruits de l'Esprit de saint Paul, et dans la promesse de Jésus que l'Esprit de vérité nous conduira dans la vérité toute entière. La vérité est immuable, mais son expression doit correspondre au contexte dans lequel elle est dite : langue, culture, etc. Nous avons besoin de l'Esprit pour accomplir cela.
Marie est venue à La Salette pour dire la vérité. Je suis porté à penser à la lumière brillante dans laquelle elle est apparue—que Maximin et Mélanie ont comparée au soleil—comme le feu de l'Esprit, la préparant à ce qu'elle s'apprêtait à faire et à dire.
Sans utiliser les mots de saint Paul, elle parlait, en deux langues, des œuvres de la chair (beaucoup de formes d'égoïsme, d’éloignement de Dieu) et démontrait les fruits de l'esprit dans son attitude et sa parole.
Elle a utilisé les dons dont elle disposait : larmes, beauté, costume, compassion, plaidoirie (n’hésitant pas à se définir comme notre avocate), honnêteté (n'hésitant même pas à inspirer des sentiments de culpabilité).
Tout cela et plus, à tout son peuple, pour dire la vérité qu'ils ont besoin d'entendre : qu'ils sont toujours aimés par le Dieu et Sauveur qu'ils ont oublié. Une autre citation de saint Paul est appropriée ici : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.” (Romains 5, 8). C'est pourquoi Notre-Dame de La Salette porte le Crucifix sur sa poitrine.
Pouvons-nous être tout à tous ? Comme Marie, pouvons-nous dire la vérité à notre monde ? En quelle langue (paroles et action) ? L'Esprit met des cadeaux à notre disposition. Utilisons-les !

Pourquoi moi ?
(Septième dimanche de Pâques : Actes 1, 15-26 : 1 Jean 4, 11-16 : Jean 17, 11-19)
Pourquoi Dieu choisit-il une personne en particulier pour un but particulier ? La Bible ne dit pas que Ruth, ou Moïse, ou David, ou même Marie était meilleurs que les autres. Ils étaient des instruments choisis par Dieu, préparés par lui pour jouer un rôle privilégié.
Dans la lecture d'aujourd'hui des Actes des Apôtres, nous voyons la même réalité de choix, que le sort tomba sur Matthias pour faire de lui un témoin de la résurrection. Le temps était venu pour remplacer Judas. Les disciples ont réduit le nombre de candidats à deux, et alors Dieu a choisi entre eux.
Maximin et Mélanie étaient les témoins choisis de Notre-Dame de La Salette. Pourquoi eux ? Nous pouvons (et de fait, nous nous le permettons) spéculer, mais la réponse la plus honnête est la plus simple : nous ne savons pas. Les Missionnaires de La Salette et les Sœurs de La Salette, ainsi que les nombreux laïcs dévoués à notre mère en larmes sont ses témoins choisis d'aujourd'hui. Pourquoi nous ? Encore une fois, tout simplement, nous ne le savons pas.
Souvent, on dit : Pourquoi moi ? quand quelque chose de mauvais nous arrive. Mais nous pourrions tout aussi bien poser la même question quand quelque chose de grand et merveilleux nous arrive, et en particulier lorsque nous reconnaissons que Dieu nous appelle pour un but particulier.
Plusieurs gens peuvent expliquer ce qui les attira d'abord à une autre personne, ou à un ordre religieux, ou à une certaine carrière ou un ministère. Mais c'est une autre chose quand on se place au point de vue d'être choisi. Pourquoi cette personne, cette vocation, cette carrière ou ce ministère m'a choisi ? En d'autres termes, quel était, quel est le dessein de Dieu sur ma vie ?
Nous savons ceci, cependant. Ce n'est pas parce que nous sommes meilleur qu’un autre. Le choix de la Belle Dame, comme le choix de Dieu, est un mystère, pas à résoudre, mais à vivre.
Jésus avait choisi ses apôtres, et trois ans plus tard, lors de la Dernière Cène, il priait que son Père les protège, « qu'il les consacre dans la vérité. » Après tout, ils devaient être ses témoins fidèles.
C'est là où réside le défi, de vivre ce que nous sommes appelés à être, en centrant l’attention sur le quoi et le comment et le où, beaucoup plus que sur le pourquoi.
Traduction : Paul Dion

Qui a commencé ?
(Sixième dimanche de Pâques : Actes 10, 25-48 ; 1 Jean 4, 7-10 ; Jean 15, 9-17)
Les personnes en conflit, qu'il s'agisse d'individus ou de nations, d'enfants ou d'adultes, ont tendance à se blâmer les uns les autres pour avoir déclenché la querelle. Même à La Salette, Marie dit littéralement à son peuple : « Si la récolte se gâte, ce n'est qu’à cause de vous autres. »
La même chose peut se produire dans un contexte positif. C'est gracieux de donner le crédit aux autres pour leur part dans notre succès. Nous lisons dans les Actes que les apôtres ne prennent jamais le crédit pour leurs accomplissements. Comme dans la lecture d'aujourd'hui, ils reconnaissent que le Saint-Esprit prend l'initiative, de manière spectaculaire et avec des dons extraordinaires, tel que le don des langues.
Notez, cependant, que les nouveaux disciples font deux choses : ils parlent en langues, mais aussi glorifient Dieu. Laquelle de ces deux choses est plus importante ?
En écrivant aux Corinthiens, saint Paul aborde une controverse au sujet les dons, et conclut en disant : « Le don des langues cessera… Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Corinthiens 13, 8)
Ceci nous amène à l’Évangile et à la seconde lecture, tous deux de St Jean, où l'on parle de l'amour dix-huit fois en tout. Nous sommes "aimés" et Dieu est amour. La parole de St Jean, « Aimons-nous les uns les autres, » trouve une expression encore plus forte dans l’Évangile : « Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. ».
Les derniers mots de l'Évangile de la semaine dernière étaient : « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » Le verset suivant est la première déclaration de Jésus aujourd’hui : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » Il y a donc un lien entre glorifier Dieu et demeurer dans l'amour du Seigneur.
Mary est apparue à un moment de crise dans la vie de son peuple. Elle les a réprimandés—avec tendresse—et ensuite—toujours avec tendresse—elle les a dirigés vers le chemin de l'espoir et de la paix. Bien aimée à son tour, elle dirige notre amour vers son Fils. Son message est repris dans la nouvelle traduction du Missel, dans l'une des formes d’envoi à la fin de la messe : « Allez en paix en glorifiant le Seigneur par votre vie. »
Cela inclut l'amour. Jean écrit : « Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés. » Il soutient notre amour. Il le fera grandir jusqu’au bout. Parce que c'est lui qui l'a commencé !
Traduction : Paul Dion

Aïe !
(Cinquième dimanche de Pâques : Actes 9, 26-31 ; 1 Jean 3, 18-24 ; Jean 15, 1-8)
Après que Saul rencontra Jésus sur la route de Damas, il est resté aveugle et devait être conduit à la main dans la ville. Le Seigneur envoya un certain Ananias pour prier sur lui et lui rendre la vue. Ananias objecta : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles », mais Jésus répondit : « Je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. »
Dans notre première lecture, nous voyons ce que Jésus voulait dire. Saul est d'abord exclu par les chrétiens de Jérusalem ; et une fois accepté parmi eux, l'ancien persécuteur est lui-même persécuté et doit fuir.
Saul, plus tard connu sous le nom de Paul, continuerait à produire d'abondants fruits de grâce. Mais, comme une nouvelle branche sur la vigne du Christ, il a dû être taillé. Aïe ! ça fait mal !
Personne ne peut prétendre jouir de cet aspect de la suite du Christ, mais c'est incontournable. Dans le message de Notre-Dame de La Salette, ses premiers mots après avoir appelé les enfants sont : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre ... » Soumettre ? Aie ! Non, merci.
Mais quand saint Jean nous dit d'aimer en acte et en vérité, ne dit-il pas fondamentalement la même chose ? Il est facile de prononcer des mots affectueux, mais mettre l'amour en pratique nous impose de sérieuses exigences. Nous devons nous aimer les uns les autres comme Jésus nous l'a commandé.
Jésus présente la même pensée d'une manière très différente : « Demeurez en moi, comme moi en vous…. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche… On les jette au feu. » Aie!
Il était clair pour Notre Dame que son peuple n’avait pas demeuré dans son Fils. Comme toute mère qui voit ses enfants ne vivant pas en harmonie, elle a été peinée par la situation et a décidé d’y répondre, afin de soulager leurs souffrances.
Le message de notre Reine céleste contient beaucoup de choses qui peuvent nous causer de la douleur et du remords. Mais il est destiné à être médicinal, il vise la guérison.
Nous sommes dans la saison de Pâques, mais avez-vous remarqué que notre psaume responsorial est le même que celui du dimanche des Rameaux? Aujourd'hui nous avons la conclusion joyeuse de ce psaume, un tel contraste avec le cri du désespoir du début. Un autre Psaume l'exprime de manière plus concise : « Avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. »
Traduction : Paul Dion

Appartenance
(Quatrième dimanche de Pâques : Actes 4, 8-12 ; 1 Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18)
C'est le dimanche du Bon Pasteur. A chacune des trois années du cycle liturgique, le quatrième dimanche de Pâques, l’Eglise nous présente une autre partie de Jean 10, où Jésus lui-même s’appelle berger.
« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent », dit Jésus. C'est la base de la confiance pour ceux qui le suivent. Ils savent qu'ils sont les siens ; il ne les abandonnera jamais. Le berger et son troupeau appartiennent l'un à l'autre. Combien de fois Dieu promet : « Je serai ton Dieu, tu seras mon peuple ».
Dans sa première lettre, saint Jean utilise une image différente : « Nous sommes enfants de Dieu ». C’est là aussi une invitation à la confiance.
« Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur. » Notre-Dame de La Salette accueille Maximin et Mélanie comme ses enfants et, à travers eux, nous tous, qu'elle appelle ‘mon peuple’. Elle nous appartient, nous lui appartenons. Après avoir été terrifié au début, les enfants sont venus à elle avec une parfaite confiance. Même si une grande partie de ce qu'elle disait était désagréable à entendre, elle n'inspirait pas la peur.
Saint Pierre dans son discours exhorte puissamment son public à mettre leur confiance en Jésus. « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »
Dans le rite du baptême des enfants, le prêtre s'adresse à l'enfant avec ces mots : « La communauté chrétienne t’accueille avec joie. En son nom, je te marque de la croix, le signe du Christ, notre Sauveur. » Dès lors, l'enfant et le Sauveur s’appartiennent l'un à l'autre, ainsi que l'enfant et la communauté chrétienne. Cela signifie que chacun peut attendre quelque chose de la part de l'autre.
Dans les évangiles, Jésus nous dit que les gens de foi devraient s'attendre à ce que Dieu entende leurs prières. Dans la lettre aux Hébreux 4 :16, nous lisons : « Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (Ce verset, d'ailleurs, servait autrefois d'introït à la messe en l'honneur de Notre Dame de La Salette.)
Mais Dieu a le droit d’attendre, de notre part, l'obéissance et le respect. Ce n'est pas lourd. Cela fait partie de la confiance que nous plaçons dans le Bon Pasteur.
Nous appartenons au troupeau du Christ, à la famille des enfants de Dieu, au peuple de Marie. Pourquoi aurions-nous peur ?
Traduction : Paul Dion

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