Disposition, volonté, capacité

(7e dimanche de Pâques : Actes 7, 55-60 ; Apocalypse 22, 12-20 ; Jean 17, 20-26)

La mort d’Etienne est racontée dans la première lecture. Le récit inclut cette phrase : « Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul ». Voilà le même Saul qui sera connu sous le nom de Paul.

Etienne est vénéré comme le premier martyr chrétien. Donc, il pourrait vous surprendre que la parole originale grecque pour les témoins dans ce passage soit « martyres ». Comment cela serait-il ?

Durant le temps pascal, nous avons souvent rencontré la même parole. Les Apôtres se présentent comme des témoins du Christ ressuscité, toujours « martyres » en grec. C'est ce que signifie la parole. Un martyr, dans notre sens moderne, est d'abord un témoin de Jésus, mais un qui a versé son sang en témoignage de l'Évangile.

Étienne a témoigné en parole et par imitation. Sa prière en mourant fut : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit... Seigneur, ne leur compte pas ce péché ». Jésus crucifié a prié : « Père, pardonne-leur » et, plus tard, « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 34, 46).

Durant son procès devant le Sanhédrin, Jésus a dit, « Vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel » (Matthieu 26, 64). Voilà exactement la vision présentée par Étienne, qui a tant fait enrager ceux qui l’entendirent.

Saul aussi deviendrait un témoin fidèle et persécuté. Au long des siècles, combien y en a-t-il eu ? Et combien d’autres, dans le futur ?

Les Missionnaires de La Salette ont choisi de demeurer dans leur mission, témoignant du Christ à leur peuple, durant la guerre civile en Angola. Trois d'entre eux sont morts sous les feux croisés. Un autre a accompagné les réfugiés dans un camp en Zambie, où il a failli mourir de faim. Au moment où nous écrivons, nos Missionnaires polonais continuent leur mission en Ukraine au milieu de la guerre avec la Russie.

La plupart d'entre nous, témoins « ordinaires », n'ont pas dû se soumettre à de tels sacrifices. Mais il ne suffit pas pour nous simplement d'admirer leur courage lorsque nous portons la grande nouvelle de la Belle Dame au monde, par la parole ou par l'exemple.

Comme eux, nous devons avoir la disposition, la volonté et la capacité d'accomplir la mission dont nous sommes chargés. Si nous avons la préparation nécessaire et le désir, nous pouvons compter sur Notre Seigneur et Notre Dame pour nous donner le courage.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

L'Esprit Saint et nous-mêmes

(6e dimanche de Pâques : Actes 15, 1-2, 22-29 ; Apocalypse 21, 10-14, 22-23 ; Jean 14, 23-29)

La lettre envoyée aux chrétiens « issus des nations », dans la première lecture d'aujourd'hui, est essentielle pour notre compréhension de l'Église. La résolution de la crise se préface ainsi : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé ».

C’est inconcevable que les apôtres et les anciens aient pu ne pas être d’accord avec l'Esprit Saint. Pourquoi donc ajoutent-ils leur décision à celle du Saint-Esprit ? Nous y reviendrons.

Les autres lectures expriment de semblables idées. Jésus dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure ». Et dans l'Apocalypse, nous lisons : « Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau ».

Tous ces textes reflètent l'union intime entre l'humain et le divin dans l'Église. C’est avec raison que nous avons l'habitude de nous considérer comme l'Église. Sans Jésus, le Père et l'Esprit, cependant, nous ne différons aucunement de n’importe quelle autre organisation. D’autre part, sans nous Dieu vit dans sa gloire trinitaire, mais il n’existe pas d'Église.

La Belle Dame de La Salette parlait à des chrétiens pour qui l’Église existait en nom seulement. Beaucoup, en se détournant des sources de la foi que le Saint Esprit fournit dans les sacrements, n'étaient plus des temples, des demeures de Dieu.

Nous trouvons dans les lectures d'aujourd'hui deux expressions qui reviennent dans le rite de communion. Elles sont : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », et « l'Agneau ». Marie est venue pour nous rétablir en paix avec l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

Retournons maintenant à la question posée plus haut. Le Saint Esprit, que Jésus appelle « le Défenseur », est le maître envoyé par le Père. Nous, l'Église, ne pourrons pas nous égarer quand nous enseignons ce que l'Esprit nous enseigne, soit par nos institutions et nos structures, soit dans nos vies personnelles. Ainsi, la décision du Saint Esprit est aussi bien la nôtre.

L'existence même des Laïques salettins est une manifestation assez récente de cette réalité. Soyons donc le temple sacré, en permettant au Défenseur de faire son travail en nous pour la gloire de Dieu et de l'Agneau.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Je fais toutes choses nouvelles

(5e dimanche de Pâques : Actes 14, 21-27 ; Apocalypse 21, 1-5 ; Jean 13, 31-35)

Les paroles à la fin du texte de l'Apocalypse d'aujourd'hui, « Voici que je fais toutes choses nouvelles », semblent reflétées dans toute la liturgie du jour. La parole « nouveau, nouvelle » se voit huit fois : trois fois dans les antiennes et les prières, une fois dans l'Évangile et quatre fois dans la deuxième lecture.

Nous célébrons Pâques déjà depuis quatre semaines. Il nous en reste encore trois. Espérons que la joie et le nouveau de la résurrection continuent à nous combler.

Jésus donne un nouveau commandement à ses disciples, allant jusqu'à dire : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». C’est certainement un défi que d’observer fidèlement la loi de l'amour ; mais cela devrait faciliter pour nous l’observation des autres commandements. Cela crée le cœur nouveau promis par le prophète Ezéchiel (26, 36).

Personne ne peut douter que ce soit par amour que la Marie est apparue à La Salette. Comme la lumière de l'apparition, son amour, aussi bien, est un reflet de l'amour qui brille de la représentation de son Fils crucifié, mort pour nous. Elle montre qu’elle nous aime autant que son Fils nous aime. Elle promet une nouvelle manifestation de la tendresse et du pouvoir de Dieu.

En pressant son peuple de se détourner du péché et de revenir à la pratique de ce qui nous distingue comme chrétiens catholiques, elle agit comme Paul et Barnabé dans la première lecture, « les exhortant à persévérer dans la foi ».

Nous pouvons faire de même. Certains de ceux qui lisent ces lignes sont des missionnaires, répandant l'Évangile à des peuples d'autres pays. La plupart d'entre nous n'ont qu'à sortir de leurs demeures et de leurs cœurs pour rencontrer des gens dont ils peuvent « affermir le courage » par leurs paroles et leur action. D'une façon ou d'une autre, cela relève du défi, lorsque nous vivons le nouveau commandement.

Nous voulons contribuer à la manifestation du nouveau ciel et de la nouvelle terre, ici et maintenant. Le psaume exprime notre espoir : « Seigneur, que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits ».

« Ce qui était en premier s’en est allé », dit le Seigneur, en nous offrant un ciel nouveau, une terre nouvelle, de nouveaux cœurs, un courage nouveau.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La nouvelle évangélisation

(4e dimanche de Pâques : Actes 13, 14, 43-52 ; Apocalypse 7, 9, 14-17 ; Jean 10, 27-30)

Dans la seconde lecture, tirée de l'Apocalypse, Jean décrit « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues... Ceux-là viennent de la grande épreuve ».

Cela ne peut pas signifier seulement ceux qui ont survécu durant la persécution. C'est leur foi qui a survécu. Une fois évangélisés, ils restèrent fidèles au Seigneur Jésus. Ils sont, en quelque sorte, les descendants des nouveaux chrétiens dont on voit la description dans la première lecture : « En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région ».

Comme nous apprenons de plusieurs moments de l'histoire de l'Église, l'enthousiasme pour l'Évangile doit se renouveler de temps en temps. Dans ce contexte, nous parlons, de nos jours, de la Nouvelle évangélisation, qui « appelle chacun de nous à approfondir sa foi, à croire au message de l'Évangile et à aller de l’avant en proclamant l’Evangile » (site web, United States Catholic Bishops Conference).

Le pape Benoît XVI en parle de la façon suivante : « Il existe des régions dans le monde... où l’Evangile a planté depuis longtemps ses racines, donnant lieu à une véritable tradition chrétienne, mais où, au cours des derniers siècles... le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise » (28 juin 2010). Telle fut la situation visée par la Belle Dame à La Salette, ainsi que par tous les salettins : Laïques, Missionnaires et Sœurs. Nous nous associons spontanément à ses larmes.

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus déclare : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront ». Notre vocation en tant qu'évangélisateurs est de faciliter l’écoute de sa voix, et de dissiper les bruits qui peuvent distraire l'auditeur ou déformer le message.

Marie a demandé, « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? » N'est-ce pas là le début de notre évangélisation ? Quand nous sommes réceptifs à la parole de Dieu qui parle à nos cœurs et à nos âmes, notre foi s'approfondit, et nous sommes plus aptes et plus motivés à la partager.

En même temps, nous pouvons entendre le message de l'Évangile « reproposé » à nous. Cela est toujours un bien.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Amour et témoignage

(3e dimanche de Pâques : Actes 5, 27-41 ; Apocalypse 5, 11-14 ; Jean 21, 1-19)

Il y a des pays où essayer de gagner des convertis à la chrétienté constitue un crime. Ailleurs dans le monde, peut-être à notre portée, nous pouvons entendre en écho les paroles du grand prêtre dans la première lecture : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là ».

Tel était le cas en plusieurs régions de la France au moment de l'apparition de Notre-Dame de La Salette. En effet, la situation se détériora au point où les communautés religieuses, y inclus les Missionnaires de La Salette, furent obligées autour de l’année 1900 d’émigrer vers d'autres pays afin de survivre.

Comme les Apôtres, qui, « quittant le Conseil suprême, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus », nous pouvons pareillement nous réjouir de la persécution qui a occasionné la croissance de la Congrégation et la diffusion du message et du charisme de La Salette.

Pierre et les autres étaient des témoins, appelés à partager ce qu'ils avaient vu et entendu, peu importe l'opposition. En réalité, le même devrait se dire aujourd’hui de tous les croyants. Mais où trouver la force pour le faire ?

La réponse se voit dans l'Évangile d'aujourd'hui. Considérez la réaction de Pierre quand l'autre disciple lui dit, « C'est le Seigneur ! » Son cœur débordait tellement d'amour pour Jésus qu'il ne pouvait même pas attendre l’arrivée de la barque à terre.

Peu après cela, le Seigneur lui demanda trois fois, « M'aimes-tu ? » Chaque fois, il a répondu, « Tu le sais : je t'aime », et Jésus lui a ordonné de paître son troupeau. Plus jamais Pierre n'hésiterait à reconnaître ni à proclamer Jésus Maître et Sauveur.

Mettez-vous dans cette scène. Lorsque vous professez votre amour pour Jésus, comment répond-il ? Qu'attend-il de vous ? D'une manière ou d'une autre, cela impliquera une sorte de témoignage, ne serait-ce que par une participation pleine et fidèle à la vie de l'Église. C'est le minimum que la Belle Dame nous demande.

La deuxième lecture décrit une espèce de liturgie, différente de la nôtre, mais exprimant le même désir : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles ».

Puissent notre culte et notre vie refléter cette même aspiration.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Le Vivant

(2e dimanche de Pâques : Actes 5, 12-16 ; Apocalypse 1, 9-19 ; Jean 20, 19-31)

Les spécialistes bibliques s'accordent généralement à dire que Jean, l'auteur du quatrième Évangile, a aussi écrit l'Apocalypse. Dans les deux, Jésus se sert souvent de la phrase « Je suis », d'une façon semblable aux paroles de Dieu à Moïse, que nous avons lues il n'y a pas longtemps : « JE SUIS QUI JE SUIS ».

Nous en avons un exemple dans la lecture d'aujourd'hui : « Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant ». Jésus se donne des noms significatifs, qui décrivent ce qu’il est dans son essence même. Il continue en disant, « Me voilà vivant pour les siècles des siècles », une expression plus emphatique encore que ses paroles lors de la dernière Cène : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Nous lisons ensuite des paroles mystérieuses : « Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts ». Cela semble marier les notions de pouvoir et de jugement, telles que nous les trouvons à La Salette lorsque Marie parle du « bras de mon Fils ».

Les paroles de la Belle Dame se prêtent à diverses interprétations, mais prises dans le contexte du reste de son discours, par exemple : « Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas », et « Je vous l'avais fait voir l'année passée par les pommes de terre : vous n'en avez pas fait cas », il n’est pas difficile d’accepter l’interprétation traditionnelle.

Mais aujourd'hui nous célébrons le dimanche de la Divine Miséricorde. Vous avez vu l'image, avec les rayons émanant du cœur de Jésus. Dans notre contexte salettin, nous avons souvent remarqué que la lumière de l'Apparition venait du crucifix que Marie portait sur sa poitrine. La grande nouvelle qu'elle est venue délivrer venait de la croix. La Salette est une apparition miséricordieuse.

Jésus, le Vivant, souffle sur nous comme il l'a fait sur les Apôtres dans l'Évangile d’aujourd’hui. À eux et à leurs successeurs, il a donné le pouvoir spécial et le jugement pour pardonner ou retenir les péchés. À nous, il donne notre charisme de réconciliation, qui brille d'un éclat particulier en ce jour.

Le pardon est l'objectif, offert gratuitement à tous ceux qui choisissent de se soumettre à la volonté divine et qui changent leur vie en conséquence. C’est ce qu’on trouve parmi les « signes et prodiges » mentionnés dans la première lecture.

Et Thomas, l’incrédule ? Tenons-nous avec lui et les autres Apôtres, en accueillant avec gratitude et amour la salutation de Jésus : « La paix soit avec vous ! »

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Il fallait qu’il ressuscite

(Pâques : Actes 10, 34-43 ; Colossiens 3, 1-4 ; Jean 20, 1-9)

À la fin de l'Évangile d'aujourd'hui, Jean déclare clairement : « Jusque-là les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». De fait, comme le démontrent souvent les lectures durant le temps pascal, la plupart des disciples ne croyaient pas que Jésus était ressuscité avant qu'il ne se révèle.

Mettons-nous à la place de Pierre dans le tombeau vide. Comment comprendre ce que nous voyons ? Tout cloche ici. Par exemple, si le corps de Jésus avait été volé, pourquoi le voleur aurait-il plié les linges à plat ?

Puis rejoignons Pierre, tel qu'il apparaît dans la première lecture. Par ce temps-là dans les Actes des Apôtres, Pierre proclamait hardiment le Christ ressuscité au peuple juif, et plusieurs croyaient. Mais ici, il prêche à un centurion romain pieux et craignant Dieu, ainsi qu'à sa famille et à ses amis. Maintenant Pierre porte témoignage non au sujet d’un tombeau vide, mais de vie pleine pour tous.

St Paul, écrivant aux Colossiens, leur rappelle : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre ». En tant que témoin, il pratiquait certainement ce qu'il prêchait.

À La Salette, la Belle Dame fit de Maximin et Mélanie des témoins. Nous marchons à leur suite, rappelant aux gens le pouvoir transformatif de Jésus crucifié et ressuscité. Ce que Pierre dit de lui-même et de ses compagnons s'applique aussi à nous : « Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés ».

Jean écrit qu’il fallait que Jésus ressuscite. Cela dépasse le simple fait d’annoncer un événement historique. Car sans sa résurrection, il n'y a pas de victoire sur la mort. Il n'y a pas de victoire sur le péché. Il n'y a pas de salut. Il n'y a pas d'alliance de fidélité avec Dieu.

Si les moyens modernes de communication sociale avaient existé à l'époque de l'Évangile d'aujourd'hui, imaginez les théories circulant au sujet du tombeau vide ! Si la foi ardente de Pierre et des autres existait aujourd'hui, imaginez quels prophètes nous pourrions devenir pour l’époque présente !

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Ce dont le Seigneur a besoin

(Dimanche des Rameaux : Luc 19, 28-40 ; Isaïe 50, 4-7 ; Philippiens 2, 6-11 ; Luc 22, 14 à 23, 56)

Suivant l’instruction de Jésus, ses disciples, à qui leur demandait pourquoi ils prenaient l'âne, ont répondu : « Parce que le Seigneur en a besoin ».

De quoi le Seigneur a-t-il besoin de notre part ? D'abord et surtout, de nos personnes mêmes.

Quand la Sainte Vierge a dit à Maximin et à Mélanie de « le faire passer », ne disait-elle pas : « Le Seigneur a besoin de vous » ? Eux seuls, et personne d'autre, ont été choisis pour être les premiers à annoncer le message salettin de conversion et de réconciliation.

Quelle ressource, don, ou talent le Seigneur demande-t-il de nous ? La réponse varie pour chacun de nous, mais il y a quand même beaucoup de commun. Par exemple, nous recevons tous le Corps du Christ dans l'Eucharistie. Alors comment l’amenons-nous dans notre monde personnel de famille, d’amis, et de communauté et, autant que possible, au-delà ?

Certains pharisiens pensaient que la foule manquait de jugement avec ses acclamations de Jésus. Lui de répondre : « Si eux se taisent, les pierres crieront ! » Nous trouvons à La Salette une prédiction semblable dans son extravagance : « Les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé », proclamant, pour ainsi dire, la miséricorde de Dieu envers ceux qui retournent à lui.

Ce n'est pas le temps pour le silence. Le Seigneur a besoin de notre voix, et donnera à tous et chacun « le langage des disciples » (première lecture), de façon à proclamer la gloire de Dieu et de rendre nôtres les paroles du psaume d'aujourd'hui : « Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée ».

Pour plusieurs d'entre nous, la tâche n’est pas facile, surtout si nous vivons dans un milieu indifférent à la foi et même hostile.

Dans ce contexte, considérons ce que Jésus a dit à Pierre : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères ».

Nous connaissons le fait que le courage de Pierre a failli à un moment critique, mais non sa foi. N’excusant jamais sa couardise, il est revenu et, dans les Actes des Apôtres, nous le voyons proclamer la Bonne Nouvelle et guider les premiers pas de l'Église. Le Seigneur avait encore besoin de lui, comme il a encore besoin de nous—quelle pensée glorieuse, quelle leçon d’humilité ! —pour fortifier nos frères et sœurs.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Ne voyez-vous pas ?

(5e dimanche de Carême : Isaïe 43, 16-21 ; Philippiens 3, 8-14 ; Jean 8, 1-11)

La femme de l'Évangile d'aujourd'hui était coupable. La loi la condamnait à la mort. Les regrets qu'elle aurait pu avoir ne lui servaient à rien en ce moment.

Le peuple juif, auquel Isaïe s'adresse dans la première lecture, était en exil à cause de ses multiples péchés. Dommage qu’ils aient oublié ce qu'ils devaient à Dieu pour avoir délivré leurs ancêtres de l'esclavage et les avoir fait passer à travers la mer Rouge !

Paul a reconnu trop tard « ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur ». Il ne pourrait jamais réparer le mal qu'il avait fait en persécutant l'Église.

Beaucoup de chrétiens en 1846 avaient oublié l'histoire de leur salut. Le Fils de Dieu, par amour pour le monde, s'était livré à la mort. Maintenant il en existait certains qui invoquaient son nom seulement en blasphémant lorsqu'ils voyaient les pommes de terre pourries et l’approche du fléau de la famine.

D’où la nécessité d’une Belle Dame pour les ramener à une vie de foi. Oui, ses paroles contenaient des reproches, mais elle n'est pas venue pour condamner son peuple. Il y avait une alternative à la punition.

Paul aurait à souffrir beaucoup pour le Christ. Ce n'était pas une punition. Il remplit son destin en « communiant aux souffrances de sa Passion, en devenant semblable à lui dans sa mort ».

Isaïe rassura son peuple en lui disant qu’il verrait une chose plus grande que la traversée de la mer Rouge, et cela plus tôt qu'il ne pensait. « Elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? »

Encore plus remarquable est le cas de la femme dans l'Évangile. Non seulement l’issue est inattendue, elle était impossible ! Jésus dit, en effet, « J’accomplie une chose nouvelle, quelque chose du jamais vu, de révolutionnaire. Ne voyez-vous pas ? »

La Salette nous aide à voir cette grande merveille, non seulement comme elle s’applique à nous quand nous nous efforçons de vivre une vie réconciliée, mais quand nous l'adoptons comme méthodologie à appliquer au monde moderne.

Isaïe, Paul, Marie et surtout Jésus nous invitent à assumer un cœur de conversion. Ne tardons pas afin de pouvoir entendre ces douces paroles : « Moi non plus, je ne te condamne pas ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Resplendissants

(4e dimanche de Carême : Josué 5, 9-12 ; 2 Corinthiens 5, 17-21 ; Luc 15, 1-3, 11-32)

« Qui regarde vers lui resplendira ». Ces paroles du psaume d'aujourd'hui se réfèrent au Seigneur, mais nous pouvons les appliquer au fils prodigue. Après avoir regardé vers son père, il se trouva dans le plus beau vêtement, avec une bague au doigt et des sandales aux pieds.

Au milieu de cette saison pénitentielle du Carême, l'Église nous offre le dimanche du Laetare (réjouissez-vous). En plus des références spécifiques à la joie dans le psaume et l'évangile, les lectures abondent de raisons de célébrer.

Dans la première lecture, Dieu dit à son peuple : « Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte ». Ayant traversé le Jourdain ils célébreront la Pâque pour la première fois dans la terre promise. Enfin ils sont vraiment un peuple libre.

St Paul parle ardemment de la réconciliation, qui vient de Dieu, et que nous sommes invités à accepter. Dans nos rapports avec les autres, nous en avons fait l’expérience, quand l'offenseur et l'offensé peuvent se regarder et joyeusement reconnaître la nouvelle création de l'amour restauré.

Plus joyeuse encore est la réconciliation que nous offre la Belle Dame de La Salette. En confiant son message à Mélanie et Maximin et à nous, elle nous a fait ambassadeurs du Christ. Nous pouvons proclamer à tous que Dieu, « ne tenant pas compte des fautes », leur offre la possibilité de retourner humblement à lui et d'être en un bon rapport avec lui.

N'est-ce pas là le sens de l'histoire du fils prodigue ? « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers ».

Nous pourrions nous arrêter ici, et cette réflexion serait complète. Mais employons l'espace qui nous reste pour quelques pensées supplémentaires.

Réjouissons-nous que, à la Veillée pascale, des milliers deviendront une création nouvelle à travers les eaux du baptême et par l'onction de l'huile sainte de la confirmation et l'effusion des dons du Saint-Esprit.

Puissions-nous, comme le dit le père, « festoyer et nous réjouir » pour chaque âme sauvée, pour tout pécheur (nous y inclus) réconcilié avec Dieu, nous qui "étions morts et sommes revenus à la vie ; étions perdus et sommes retrouvés ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

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