P. René Butler MS - 18e dimanche ordinaire - Venez, écoutez, vivez

Venez, écoutez, vivez

(18e dimanche ordinaire : Isaïe 5, 1-3 ; Romains 8, 35-39 ; Matthieu 14, 13-21)

« Venez, sans argent, sans rien payer », dit Isaïe en promettant une abondance de nourriture et de boisson. Qu’est-ce qui pourrait mieux attirer ?

À la Salette aussi l'abondance se promet—des monceaux de blé et des pommes de terre trouvées ensemencées par les terres—mais à une condition : la conversion. Isaïe semble préférable.

Mais ils ne diffèrent pas du tout. Lisez quelques lignes plus loin dans Isaïe, vous trouvez : « Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez ». Le prophète envisage un peuple qui vit selon la parole de Dieu. Il lance un appel à la conversion, et le souligne plus explicitement quelques versets après notre lecture : « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde ».

Dans l'Évangile, la vision d'Isaïe se voit accomplie. Des gens de plusieurs villages viennent écouter Jésus. Lorsque ses disciples suggèrent que la foule soit renvoyée pour se procurer de la nourriture, il les nourrit, sans argent, sans rien payer.

Jésus a pris le pain, l’a béni, rompu, et donné à ses disciples à distribuer. Ce n'est pas encore la dernière Cène, mais le lien est évident.

Il n'est donc pas étonnant que Notre Dame de la Salette mentionne l'Eucharistie dominicale. C'est là où son peuple peut rencontrer son Fils, être nourri par lui et trouver force pour la route.

En tant qu'individus, communautés et nations, il faut s’attendre à des crises et des tragédies telles que celles énumérées par saint Paul dans la deuxième lecture.

L'antienne d'entrée d'aujourd'hui reflète une telle situation : « Viens me délivrer, Seigneur, Dieu, viens vite à mon secours : tu es mon aide et mon libérateur, Seigneur, ne tarde pas » (Ps. 69). La Belle Dame n'a pas trouvé une telle attitude chez son peuple. Au lieu de crier vers Dieu, ils blasphémaient son nom.

Lorsque nous prions du fond du cœur, « Tu es mon libérateur, Seigneur », nous avons confiance qu'aucune force en dehors de nous ne pourra nous séparer de l'amour du Christ. Puisse-t-il nous préserver de jamais nous détourner de lui.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Aller au haut