Les plus grands commandements

(31e dimanche ordinaire : Deutéronome 6, 26 ; Hébreux 7, 23-28 ; Marc 12, 28-34)

Lorsque nous voyons des représentations des tablettes des dix commandements, assez souvent l'une d'elles montre nos obligations envers Dieu et l'autre, nos devoirs envers le prochain.

La question du scribe dans l'Évangile d'aujourd'hui et la réponse de Jésus n'abordent pas ceux-là. En fait, il n'y a pas de controverse quant à savoir lequel des dix était le premier. La question concernait plutôt de savoir lequel des plus de six cents commandements et statuts de la Loi était le plus important.

La réponse de Jésus est tellement importante que l'Église nous en donne la source dans la première lecture, et le scribe reprend ce que dit Jésus. Nous voyons ici, aussi, un exemple encourageant de ce que cela signifie d'être en harmonie avec l'enseignement du Christ, quand Jésus : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ».

À La Salette, la Sainte Vierge a aussi bien reflété le même message, bien que dans une perspective différente. Elle a montré qu'en ne donnant pas au Seigneur le jour qu'il s'était réservé, et en abusant de son Nom, son peuple n'aimait pas Dieu.

Dans son message, la Belle Dame s’occupe explicitement des commandements de la « première tablette ». Il serait évidemment absurde de penser que nos devoirs envers notre prochain n'ont aucune importance pour elle. Dans son discours, l'épisode de la Terre du Coin démontre tout au moins la responsabilité des parents envers leurs enfants.

La question du « deuxième » commandement n'a pas été adressée à Jésus. C'est lui qui l'ajouta : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18). Le premier et le second sont tellement intégrés et connectés dans la vision chrétienne que chacun mène à l'autre, chacun prend sa source dans l'autre.

Il s'ensuit que quand nous acceptons le message de Marie et répondons à ses larmes et à ses paroles, alors nous voulons la réconciliation avec Dieu et avec le prochain. Ainsi, en poursuivant notre marche vers la sainteté, nous nous soumettons à l'appel et au charisme de La Salette.

Notre cœur désire profondément proclamer avec le psalmiste : « Je t'aime, Seigneur, ma force ». Mais il faut vraiment le désirer, et le vivre. Jésus est « capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu » (deuxième lecture). Quand nous l'aimons, lui et le prochain, nous espérons l'entendre nous dire : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Une prière remplie de joie

(30dimanche ordinaire : Jérémie 31, 7-9 ; Hébreux 5, 1-6 ; Marc 10, 46-52)

L'histoire de l'aveugle Bartimée nous fournit un rappel éloquent de la place de la joie dans la vie chrétienne. Dès qu'il a pris conscience que Jésus passait par là où il se trouvait, une transformation joyeuse s'est opérée en lui, causée par la foi et l'espérance. Il a bien prié, à pleine voix !

Il est parfois difficile de maintenir une disposition positive et joyeuse durant la prière. Évidemment, il n'est pas question de prétendre à la joie quand nous ne l'avons pas. Mais dans notre prière, nous pouvons faire l'effort de mettre momentanément de côté nos peurs et nos inquiétudes—comme Bartimée jetant son manteau—afin de trouver la source de notre joie dans notre foi et de l'apporter à notre prière.

Notre Dame de la Salette est venue apparaître à deux enfants là où il n'y avait pas beaucoup de joie. Son peuple ne s'était pas tourné vers le Seigneur dans le besoin, mais avait laissé cela à « quelques femmes un peu âgées » qui priaient et allaient à la messe. Même si Marie s'est présentée comme la Mère en pleurs, son intention était d'indiquer le chemin pour sortir de la tristesse et du désespoir.

Le psaume d'aujourd'hui est plein d'expressions de joie. Il reflète le retour de l'exil. Nous trouvons la même chose dans la première lecture : « Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! »

Nous ne sommes pas un peuple d'exil, mais nous avons parfois le sentiment d'être perdus. Dans ces moments-là, le pire serait de nous isoler de notre foi ou de notre communauté de prière, où Jésus est notre grand prêtre qui se donne à nous comme notre pain de vie.

Le psalmiste dit : « Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie... il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes ». Espérons que les larmes de la Vierge à La Salette nous conduisent à la joie qui nous viendra lorsque nous récolterons la moisson des promesses qu'elle nous a faites.

Et encore, « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » Nous pourrions dire de même, en nous arrêtant pour y penser. Nous pourrions composer notre propre psaume de louanges et d'actions de grâce, et le réciter souvent.

Et si l'occasion se présente, qu'est-ce qui nous empêcherait de le partager avec nos familiers ? La joie est contagieuse. Répandons-la où nous le pouvons.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La souffrance rédemptrice

(29e dimanche ordinaire : Isaïe 53, 10-11 ; Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45)

Assez souvent, les gens égoïstes consentent à faire quelques sacrifices pour atteindre leurs buts. Ce faisant, certains peuvent abandonner des amitiés ou des valeurs dans leur poursuite d'avantages personnels.

S'il était possible de réduire toutes vos prières à une seule, quelle serait-elle ?

Nous savons que nos prières, même quand nous demandons ce dont nous avons besoin, ne doivent pas être centrées uniquement sur nous-mêmes. Nous pouvons comprendre la réaction des autres apôtres quand, dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jacques et Jean ont fait leur demande essentiellement égoïste à Jésus. Celui-ci, à son tour, a critiqué les dix pour leur jalousie. Alors il leur a enseigné à tous les leçons du service et de la souffrance rédemptrice.

La Belle Dame, qui a collaboré à l'œuvre de salut de son Fils sur le Calvaire, a décrit la peine qu'elle a prise pour nous. « Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Elle se trouvait prise, en quelque sorte, entre son Fils bien-aimé, l’offensé, et son peuple bien-aimé, l'offenseur.

Nous avons tous lu le récit de ses paroles et de son attitude à La Salette. Mais qu'en est-il de son rapport avec Jésus avant l'Apparition ? Sa prière n'était pas ordinaire. En Joël 2, 17, nous lisons : Les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : Pitié, Seigneur, pour ton peuple ! » La prière de Marie fut sans doute encore plus intense. Imaginez la scène, si vous le pouvez.

Nous pouvons joindre notre prière à la sienne, en criant : « Seigneur, prends pitié ! Christ, prends pitié ! Seigneur, prends pitié ! » Nous le récitons à chaque messe, dans le cadre du rituel ; mais plus nous sommes conscients de notre besoin de pardon, ou de l'aide de Dieu dans les moments difficiles, plus nous pourrons apprécier la signification de ces mots, lorsque nous implorons le Seigneur de ne jamais nous abandonner.

Nous pouvons aussi offrir de faire notre part, en unissant nos peines quotidiennes, qu'elles soient physiques, psychologiques ou spirituelles, à la souffrance rédemptrice de Jésus. Comme le dit l'auteur de la Lettre aux Hébreux dans la deuxième lecture d'aujourd'hui, « Nous n'avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ».

Jésus a déjà payé le prix de notre rédemption. Ce que Marie nous demande à La Salette semble bien peu si nous voulons participer à la grande miséricorde qui nous attend.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Encore sur la prière

(28e dimanche ordinaire : Sagesse 7, 7-11 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30)

Très souvent, dans ces réflexions, nous faisons allusion à la question de Marie : « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? » Elle conclut cette partie de son discours par : « Quand vous pourrez mieux faire, dites-en davantage ». Mais la prière n'est pas que des mots.

Nous savons tous combien la communication est importante. Les relations humaines ne peuvent pas survivre longtemps sans elle. Elle comprend la parole et le langage corporel. Elle contient des informations, des préoccupations, des questions, des demandes, etc. Tous ces éléments font partie de l'événement de La Salette.

La communication avec Dieu est essentielle à la vie chrétienne. Elle nous permet de demander ce dont nous avons besoin, et de nous ouvrir aux dons que Dieu souhaite nous faire. « Faites-vous bien votre prière ? » est une autre façon de demander : « Êtes-vous prêt à accepter que Dieu transforme votre cœur ? » Réciter des prières est une bonne chose, bien sûr ; elles nous mettent en présence du Seigneur et préparent le terrain pour son action.

L'auteur du Livre de la Sagesse l'avait compris. « J'ai prié, et la prudence m'a été donnée ». La prudence, selon le Catéchisme de l'Église catholique, est plus que de faire attention. C'est « la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ».

Ainsi, nous ne pouvons pas exercer la prudence sans vouloir connaître la volonté de Dieu, et lui obéir. Nous devons la préférer à l'or, aux pierres précieuses, à la santé ou à la beauté.

Ce qui nous amène à l'Évangile et à l'homme riche qui est venu à Jésus avec une prière en forme de question : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus répondit à cette question par une autre, et fut si satisfait de la réponse de l'homme, que Marc nous dit : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : Une seule chose te manque ».

Si nous nous mettons à la place de l'homme, quelle est la chose qui nous manque ? Lorsque nous entrons dans la prière et apprenons à bien prier, Dieu est bien là et peut pénétrer dans nos cœurs par sa parole « vivante et énergique » (deuxième lecture). L'homme « s'en alla tout triste, car il avait de grands biens ». Ferons-nous de même, pour d'autres raisons ?

Dans la prière, nous ne sommes pas seuls. Notre Mère qui pleure intercède puissamment pour nous. Soyons reconnaissants, aussi, que Jésus nous regarde et nous aime, et nous indique ce que nous devons faire pour le suivre.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Jamais seuls

(27e dimanche ordinaire : Genèse 2, 18-24 ; Hébreux 2, 9-11 ; Marc 10, 2-16)

Dieu créa l'homme à son image, selon sa ressemblance. Dans la lecture d'aujourd'hui de la Genèse, les paroles de l'homme, « voilà l’os de mes os et la chair de ma chair », signifient la même chose. Une connexion intérieure profonde est le fondement d'une saine intimité.

Dieu demeure dans l'union mystérieuse que nous appelons la Trinité. Dans le prologue de l'Évangile de Jean, nous lisons : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ». Aussi savait-il bien : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », et il a créé la meilleure aide possible pour lui.

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus dit que la Loi permettait le divorce « en raison de la dureté de vos cœurs ». Ce n'était pas ce que Dieu envisageait dans la Genèse.

À la Salette, la Belle Dame est venue en pleurant, parce que son peuple avait endurci son cœur. Par leurs paroles et leurs actes, ils avaient provoqué une telle séparation entre eux et Jésus, que l'on peut parler de divorce ! Et pourtant, comme nous le voyons dans la deuxième lecture, il veut l'union avec nous, au point de consentir à s'humilier pour nous, et même à accepter la mort.

Il n'est pas bon pour nous de nous séparer de l'amour de Dieu. Cette vérité est au cœur du message de La Salette. Et en tant que salettins, nous pourrions ajouter : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous ; en nous, son amour atteint la perfection » (Acclamation de l'Évangile). En ayant Marie comme guide, nous pouvons aimer tous ceux qui nous entourent, tout en vivant notre foi catholique et en essayant d'être un exemple du message de conversion et de réconciliation.

Dans la première lecture, l'homme nomme toutes les créatures que Dieu a créées pour lui comme compagnons possibles. Cela suppose un certain pouvoir sur elles. Quand nous nommons un enfant, ou même un animal de compagnie, nous indiquons qu'il nous appartient. Mais en même temps, nous créons un rapport avec lui et nous en acceptons la responsabilité. Il en est ainsi de toute la création de Dieu.

À la fin de l'Évangile de ce jour, Jésus accueille les enfants. « Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains ». Puissions-nous toujours faire l'expérience de son amour et lui permettre de poser sur nous ses mains percées de clous, alors que nous nous efforçons de vivre plus intimement avec lui, pour ne jamais nous éloigner de lui.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Tous Prophètes

(26e dimanche ordinaire : Nombres 11, 25-29 ; Jacques 5, 1-6 ; Marc 9, 38-48)

Dans le rite du baptême, nous recevons l'onction du chrême, une huile parfumée qui symbolise notre unité avec le Christ qui a reçu l'onction comme Prêtre, Prophète et Roi.

Le sacerdoce des fidèles signifie que nous sommes dignes d'offrir un culte véritable. Mais comment sommes-nous des prophètes ? Peux-tu te voir comme un prophète aujourd'hui ? Es-tu prêt, comme Isaïe, ou vas-tu éviter la tâche, comme Jonas ?

Dans la première lecture, on nous dit : « Le Seigneur prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les dix-sept anciens. Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser ». Qu'ont-ils fait exactement ? Nous ne le savons pas ; mais quoi que ce soit, la source venait du même esprit que Dieu avait donné à Moïse.

S'ils parlaient, c'était sans doute un message pour le bien des autres, proclamant la volonté de Dieu ou ses merveilles. Marie, pleine de grâce dès sa conception, était présente avec les Apôtres à la Pentecôte. Qui aurait pu être plus disposé qu'elle à la présence de l'Esprit ?

Elle a été poussée par l'Esprit — peut-on en douter ? — à venir à la Salette pour y remplir un rôle prophétique. Elle transmit une part de son esprit à deux enfants peu doués pour la mission qu'elle leur a confiée, afin qu'ils puissent faire passer son message, dur mais encourageant, de réconciliation et de conversion, et que tout son peuple puisse se retourner vers le Christ crucifié.

Dans l'Évangile, Jésus ne revendique pas un brevet exclusif sur ses pouvoirs. Son attitude, « Celui qui n'est pas contre nous est pour nous », ressemble à celle de Moïse dans la première lecture : Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

Le psalmiste prie : « Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil : qu’il n’ait sur moi aucune emprise ». Lors du baptême, nous avons renoncé à Satan et à toutes ses œuvres. Mais, pour un prophète, il ne suffit pas d'être sans faute. Nous devons vivre le message que nous proclamons. Nous devons être fidèles à la part d'esprit qui nous est donnée.

En tant que salettins, nous avons reçu l'esprit de la Belle Dame. Nous prophétisons de maintes manières variées. Osons-nous suggérer que la rédaction de ces humbles réflexions hebdomadaires pourrait être une façon de participer à cette mission ?

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Là où coulent les grâces

(Fête de la Salette : Genèse 9, 8-17 ; 2 Corinthiens 5, 17-20 ; Jean 19, 25-27)

Chers sœurs et frères salettins, vous lisez ces lignes le 19 septembre 2021 environ, date du 175e anniversaire de l'apparition de Notre-Dame de la Salette. Malheureusement, l'espace ne nous permet pas de dire tout ce que nous avons sur le cœur, mais nous vous souhaitons une part abondante des grâces qui coulent de la Sainte Montagne.

Ces grâces trouvent leur source au Mont Calvaire, scène de l'Évangile. Là, Marie a sûrement pleuré à cause de l'esprit malicieux et vengeur des ennemis de Jésus, alors qu'à La Salette, ses larmes étaient causées par le manque de respect du Nom de son Fils et la moquerie du Sacrement de la part de son peuple. Lequel était le pire ?

Seulement un des disciples de Jésus se tenait près de la croix avec elle. Les autres avaient fui par peur ou, peut-être, par déception. Quelles ambitions ont été anéanties ce jour-là ? Et pourtant, c'est lui qui leur avait dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9, 35). La Sainte Vierge, qui, à l'aube de notre salut, s'était nommée la servante du Seigneur, parlait maintenant des peines qu'elle prenait pour nous.

Dans la deuxième lecture, saint Paul écrit : « Nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Il n'y a pas d'autre Écriture qui fasse écho de manière plus forte à La Salette. Marie parle de certains péchés commis par son peuple, mais ce ne sont que des exemples. C'est la mauvaise inclination du cœur humain qui avait poussé Dieu à détruire tous les êtres vivants, pour ensuite prendre pitié et conclure une alliance de paix avec eux, dans la première lecture.

Chacun d'entre nous, à un moment ou à un autre, doit lutter contre l'orgueil, la colère, la cupidité et le reste des péchés capitaux. Ceux qui sont responsables des enfants s'efforcent de les former, pendant qu'ils sont encore innocents, aux vertus d'humilité, de patience, de générosité, etc. ; mais nous savons aussi combien il est important et difficile d'enseigner par l'exemple.

La réconciliation a un point de départ dans notre vie, mais elle ne finit pas là. Nous devons souvent la renouveler, en priant bien et au moyen des sacrements. Nous ne devons jamais nous décourager, car il y a une Belle Dame qui unit ses larmes au sang de son Fils qui coule du Calvaire, apportant les grâces de l'espoir et de la miséricorde malgré notre tendance au péché.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Repensez-y

(24e dimanche ordinaire : Isaïe 50, 5-9 ; Jacques 2, 14-18 ; Marc 8, 27-35)

Si vous avez déjà vu les lectures d'aujourd'hui, voici une question pour vous. Combien de parties du corps pouvez-vous nommer qui sont mentionnées dans la première lecture et le psaume ? Nous allons y revenir.

Dans l'Évangile, après avoir entendu les rumeurs qui circulent à son sujet, Jésus demande à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond pour les autres : « Tu es le Christ », c'est-à-dire l'Oint, le Messie. Voilà un moment clé de leur vie. Jésus doit maintenant les préparer à ce qui va venir. Il est à la veille de commencer son dernier voyage vers Jérusalem, et il leur dit de repenser leurs idées messianiques.

Pierre est scandalisé ! Sa réaction, aussi malavisée qu'elle soit, se comprend. Des mots comme « souffrir... être rejeté... être tué » ne semblent pas avoir de place avec le mot "Messie". Jésus aurait pu ajouter : « Je présenterai mon dos à ceux qui me frappent, et mes joues à ceux qui m’arrachent la barbe. Je ne cacherai pas ma face devant les outrages et les crachats », pour reprendre les termes d'Isaïe.

À la Salette, Marie, à travers ses larmes, donne sa propre réponse à la question de Jésus. Il est son Fils, le Christ, l'Oint, le Messie. Mais son grand crucifix, avec marteau et pinces, le montre dépouillé de sa majesté et de sa puissance, battu et blessé, l'image même de l'amour rédempteur.

Le texte d'Isaïe d'aujourd'hui nous invite à réviser notre conception de la souffrance et de l'humiliation. Peu importe ce que nous envisageons d'affronter en tant que chrétiens, nous pouvons nous aussi dire : « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages ».

Revenons à la question posée au début de cette réflexion, la réponse est six : oreille, dos, joues, visage, yeux et pieds. Dans la Bible, les parties du corps sont souvent une façon poétique de dire Moi, par exemple : « mes yeux ont vu ».

Saint Jacques invite ses lecteurs à regarder à nouveau la signification de la foi. Elle est interne et externe. « C’est par mes œuvres que je te montrerai la foi », écrit-il. Un poème attribué à sainte Thérèse d'Avila le dit de la façon suivante : « Le Christ n’a pas d’autre corps sur terre que le tien... Les mains sont à toi, les pieds sont à toi, les yeux sont à toi, tu es son corps ». Servons-nous en avec une foi courageuse, afin que, par nos œuvres, d'autres puissent apprendre à connaître le Christ et à se réjouir de sa miséricorde infinie.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Ouvre-toi !

(23e dimanche ordinaire : Isaïe 35, 4-7 ; Jacques 2, 1-5 ; Marc 7, 31-37)

Les textes que l'Église nous propose aujourd'hui peuvent sembler, à première vue, un peu moins difficiles ou stimulants que d'ordinaire. D'autre part, les liens salettins avec ces lectures sont abondants et riches.

Chez Isaïe : « Dites aux gens qui s’affolent : Soyez forts, ne craignez pas... L’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride ». Nous entendons les premières paroles de la Belle Dame à Mélanie et Maximin. Nous voyons la fontaine miraculeuse.

Dans le psaume : « Aux affamés, il donne le pain... il égare les pas du méchant ». Nous rappelons la promesse de Marie : l'abondance si son peuple prend ses paroles à cœur... et sa crainte de calamités futures s'il n'y fait pas cas.

Chez Jacques : « N’ayez aucune partialité envers les personnes... Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? » La famille de Maximin n'était certainement pas riche, et celle de Mélanie extrêmement pauvre.

Dans l'Évangile, l'ouverture des oreilles du sourd peut être comparée à la façon dont Marie parle aux enfants dans leur patois lorsqu'elle voit qu'ils ne comprennent pas le français ; et la déliaison de la langue de l'homme peut être vue dans les réponses surprenantes de ces enfants sans éducation lors des interrogatoires.

En effet, « Effata ! Ouvre-toi ! » est au centre du message de la Salette. La Vierge est venue ouvrir les yeux des gens à la réalité du péché et de la souffrance, leurs oreilles à la Parole de Dieu, ainsi que leur esprit et leur imagination à de nouvelles possibilités.

Avant tout, elle voulait ouvrir leur cœur à l'amour de Dieu manifesté dans le Christ crucifié et dans l'Eucharistie. Cela s’exprime dans la première ligne du psaume responsorial : « Le Seigneur garde à jamais sa fidélité. »

La Salette est une invitation à garder la fidélité au Seigneur qui « vient lui-même et va vous sauver ». Nous répondons par la prière et le respect. Il est évident que nous devrons aussi garder la fidélité aux autres, que ce soit par la réconciliation quand il le faut, ou par notre effort de subvenir aux besoins physiques ou spirituels des autres.

Le message de Marie qui nous invite à garder la fidélité est sans limites et s'applique à tous les âges, à tous les groupes, bref, à tout son peuple.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Ainsi vous vivrez

(22e dimanche ordinaire : Deutéronome 4, 1-8 ; Jacques 1, 17-27 ; Marc 7, 1-23)

Quand vous a-t-on dit : « Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme vous catholiques ! Quel autre peuple a des décrets et des ordonnances aussi justes que les vôtres ? » Probablement jamais !

Dans la première lecture, cependant, Moïse prévoit que les autres nations seront impressionnées par les lois et les statuts que Dieu a donnés à son peuple. Il les exhorte : « écoutez les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez ». En d'autres termes, loin d'être un fardeau, la Loi est un don merveilleux. Elle leur permettra, dans les paroles du psaume d'aujourd'hui, de se conduire parfaitement, et agir avec justice.

Pourquoi, alors, dans l'Évangile de ce jour, Jésus critique-t-il si sévèrement les Pharisiens et les scribes respectueux de la loi ? Parce qu'ils représentaient l'accomplissement de la prophétie : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » (Isaïe 29, 13).

Parmi ceux que Marie nommait « mon peuple » à la Salette, plusieurs ne répondaient même pas du bout des lèvres aux demandes de leur foi. Elle leur a dit en larmes combien elle devait plaider en leur faveur auprès de son Fils. Elle les suppliait d'observer la Loi, non par esprit de légalisme, mais pour leur propre bien. Elle ne voulait pas que Jésus les abandonne à la famine et à la mort. Elle est venue pour qu'ils puissent vivre.

En général, les gens consentent à obéir aux lois de leur pays. Cependant, quand il s'agit de la morale et du dogme chrétiens, il est malheureusement facile de « laisser de côté le commandement de Dieu, pour s’attacher à la tradition des hommes ». Nous oublions l'injonction : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous ordonne (comme les pharisiens), et vous n’y enlèverez rien (comme nous sommes enclins à le faire) ».

Les Israélites n'ont pas parfaitement observé la loi. Nous non plus. Nous manquons souvent au plan que Dieu a établi pour nous. En comptant sur sa miséricorde, nous essayons de nouveau. C'est un détail essentiel du message de réconciliation, nous devons retourner à l'esprit et à la pratique de notre foi catholique.

Saint Jacques écrit : « Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter ». La douceur est essentielle à notre respect de la volonté de Dieu.

Dieu sait ce qui donne la vie. La Belle Dame le sait aussi bien.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

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