Blessures, deuils, et Jubilé


Jean Stern vient de fêter ses 60 ans d' ordination, voici son témoignage: « De famille et de religion juive, c'est ma maman qui m'avait orienté dans le choix d'être chrétien. L'instruction religieuse juive m'a beaucoup aidé quand nous vivions en Autriche.
« Il n y a plus ni juif ni païen» : saint Paul voulait insister sur l'égalité de tous. Au début des années quarante, ceux qui exerçaient l'autorité en France étaient d'un autre avis! Mon père a été arrêté à Paris en mai 1941, puis déporté l'année suivante. Son arrestation a fait que je me suis mis à prier, en particulier le chapelet, plus que la moyenne des adolescents.
Quelques jours après la rafle du Vel d'Hiv, qui eut lieu les 16 et 17 juillet 1942, ma mère et moi avons quitté Paris pour nous réfugier en zone libre, près de Grenoble. Mais le 26 août nous avons été arrêtés par des gendarmes. Ma mère est arrivée à Auschwitz une dizaine de jours plus tard. Moi j'ai été relâché grâce à 1 'intervention de l'Amitié Chrétienne, association où collaboraient catholiques et protestants. Après un an au Rondeau-Montfleury, je suis entré, en septembre 1943, au petit séminaire des Missionnaires de Notre-Dame de La Salette. L'éveil de ma vocation remonte cependant à l'époque antérieure au départ de Paris.
C'est en 1942 que m'est venue pour la première fois en tête l'idée de devenir prêtre, après avoir vu un film qui montrait un prêtre exerçant son ministère dans un bidonville.
Je prononçais mes premiers vœux comme missionnaire de La Salette en 1949. Après ma licence de théologie à Rome, j'étais ordonné prêtre en 1953 à l'âge de 26 ans, puis, en 1954, nommé professeur à Voiteur ... »

Jean Stern, ms (l'article paru dans les Annales La Salette , juillet 2013 n 235)

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