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samedi, 31 juillet 2021 16:29

Méditation - Août 2021

Une histoire à raconter

Août 2021

Raconter une histoire enflamme le cœur

L’art narratif existe depuis les débuts de la civilisation humaine. On raconte des histoires pour éduquer ou pour amuser, et c’est un art ancien, présent dans chaque culture. Ces histoires ont façonné la vision du monde et les valeurs dans toutes les cultures.

Ce n’est pas un hasard qu’aujourd’hui encore les speakers les plus connus soulignent le rôle et l’importance de savoir narrer comme une partie essentielle d’une communication verbale efficace et captivante.

Tous, au moins une fois dans la vie, nous avons expérimenté le pouvoir de la suggestion d’une « bonne histoire ». De « bonnes histoires » maintiennent notre attention en éveil, stimulent nos émotions et nos sentiments, nous aident à mémoriser et, quand elles sont racontées à la première personne, nous finissons par les partager. Justement, un poète américain, mais aussi romancier, dramaturge, essayiste et professeur d’anglais à l’Université Duke, Edward Reynold Price (1 février 1933 – 20 janvier 2011), a affirmé que « le son de l’histoire est le son dominant de notre vie ».

Toute la Bible est imprégnée d’histoires qui sont aussi le fondement du style de la communication de Jésus. Lorsqu’il marchait sur les routes de la Galilée avec ses disciples ou quand il enseignait les foules, Jésus de Nazareth proclamait son message et le partageait à travers « l’art de la narration ». Ce n’est pas une coïncidence si Mathieu nous rappelle que la narration était la technique préférée de Jésus quand Il parlait aux foules (Cf. Mt 13,34). Oui, Jésus semble être un habile storyteller. Il est intéressant de noter que lorsqu’on a demandé à l’écrivain américain qui était le plus grand storyteller de l’histoire, il a répondu que c’était Jésus de Nazareth.

Jésus a su non seulement se servir de « l’art de la narration » pour parler du Père et de son Royaume, mais utilisait un langage direct et simple, en dirigeant constamment l’attention vers la réalité ordinaire et quotidienne, comme par exemple des oiseaux, des fleurs, des pièces de monnaie perdues et tellement d’autres choses communes et familières aux gens de son époque (prêtres, pharisiens, docteurs de la Loi, pêcheurs, agriculteurs etc.).

Avec ses histoires percutantes, Jésus était en mesure de capter l’attention de son public, inspirer son imagination et communiquer son message convaincant, capable de transformer, changer toute une vie. Grâce à son art narratif, Jésus a su révéler le visage miséricordieux du Père et toucher les cordes les plus profondes chez ceux qui l’écoutaient. C’est pourquoi ce n’est pas un hasard si, parmi ses auditeurs, nombreux ont été ceux qui ont décidé de le suivre, et devenir une partie de son histoire. De génération en génération, suivant l’exemple du Maître, ses disciples ont raconté, proclamé, annoncé la Bonne Nouvelle, l’histoire de la bonté et de la miséricorde de Dieu, incarnées en Jésus Christ.

Les dernières paroles adressées par Jésus au Gérasénien : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi » (Lc 8,39), encouragent l’ancien possédé à aller et proclamer dans toute la ville ce que Jésus a fait pour Lui. A La Salette, la « Belle Dame » a confié aux deux petits bergers, Maximin et Mélanie, la mission de raconter l’histoire de leur rencontre avec elle. Cette histoire aussi, tout comme celle de son Fils, a été transmise de génération en génération. Ces deux histoires ont transformé la vie d’un grand nombre d’hommes et de femmes. Et nous, missionnaires de Notre-Dame de La Salette, nous avons reçu le don de ces deux histoires : non pas pour les garder jalousement, mais pour les raconter et les faire raisonner dans la vie ordinaire de nos frères et sœurs que nous rencontrons lors de notre pèlerinage sur terre vers la Jérusalem céleste. Aujourd’hui comme hier, l’Église comme le monde, ont besoin d’écouter ces deux histoires. Aussi bien l’Église que le monde, ont besoin de les entendre justement de ceux qui ont été transformés personnellement tant par le Fils que par la Mère.

Marie nous parle de son Fils

Si les témoins avaient le devoir de transmettre la nouvelle de la glorieuse apparition aux habitants des environs de Corps, la préoccupation de Marie, Mère du Divin Rédempteur, était de rappeler à l’Église son devoir d’être la messagère de la Bonne Nouvelle du salut. C’est pourquoi Marie n’a pas le souci d’exalter son propre nom, même si elle mérite cet honneur. La Mère de l’Église semble nous rappeler la soumission comme condition fondamentale pour mériter les grâces que son Fils nous a laissées en héritage, à travers son abaissement jusqu’à la condition humaine et culminant dans l’effusion de son sang sur la croix.

L’apparition de Marie à La Salette n’est pas une fin en soi. Marie veut réveiller dans tous les baptisées, à commencer par ceux sur qui repose la plus grande responsabilité dans l’Église, la conscience de l’urgence d’annoncer à tous le mystère de son Fils, mort et ressuscité. Elle ne se place pas au centre de son message. Le but de sa glorieuse apparition, comme pendant les noces de Cana, est de demander l’obéissance à son Fils : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5).

En 2001, Jean Paul II, dans son message pour la Journée Mondiale Missionnaire, encourageait le peuple de Dieu à se mettre en route pour porter l’Évangile de Jésus à tous les peuples. Quelle histoire devons-nous donc raconter ? Le crucifix lumineux que Marie porte sur sa poitrine répond précisément à cette question, puisque c’est lui qui a le plus attiré l’attention de Maximin et Mélanie à cause de la lumière qui en émanait. Ceci montre et confirme l’appel missionnaire de Paul : « Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié » (1 Cor 1,22–23). C’est cette histoire, ce message que nous devons raconter jusqu’à l’ultime venue du Christ. Afin que cette « grande aventure de l’évangélisation » soit effective, Jean Paul II propose des méthodes nouvelles, de nouveaux modèles et de nouveaux paradigmes. Dans cette mission commune à tous, il est important de rendre présente la grâce du Seigneur Jésus Christ dans la vie de nos frères et sœurs.

Faire mémoire nous rend capables de cheminer vers demain

Dans sa dernière recommandation adressée aux voyants, répétée deux fois en français, Marie a demandé de « le » communiquer à tout son peuple (précisément : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple »). Ce « le », transmis durant 175 ans, concerne l’évènement de La Salette tout entier. Ici, les détails comptent : le pays dans lequel l’apparition a eu lieu (la France du XIXe siècle) ; le lieu de l’apparition (un village des Alpes) ; le jour et l’heure (environ 15h, samedi 19 septembre 1846) ; le moment après les premières vêpres de la fête liturgique de Notre-Dame des Douleurs (célébrée le 3e dimanche de septembre[1]) ; les vêtements de la « Belle Dame », semblables à ceux que portaient les femmes des campagnes de la région de La Salette, et les autres éléments de son apparence (le crucifix avec Jésus[2], la tenaille et le marteau[3], les deux chaines[4], les roses multicolores) ; ensuite la tristesse, le visage caché, les larmes, la manière dont Marie se comportait et déplaçait en présence des enfants. Mais aussi, le message lui-même et les deux langues dans lesquelles il a été communiqué, la source qui a jailli et qui coule toujours à l’endroit où est apparu le globe de lumière avec Marie assise à l’intérieur, et enfin le fait que les deux enfants ont reçus des secrets dont ils n’ont même pas parlé entre eux. 

Nous connaissons tous les éléments. Nous en parlons dès qu’une occasion se présente. Tant que la Basilique de la Bienheureuse Vierge Marie sur la montagne proche du village de La Salette en France existe, et tant qu’existe la Congrégation des Missionnaires de Notre-Dame de La Salette, la continuité et l’actualité du message de la « Belle Dame » laissé à Mélanie et Maximin seront assurées. La transmission du récit de cet événement suppose une continuation jusqu’à la fin des temps, mais pourra se terminer plus tôt, si les hommes se convertissent et, par leur comportement, rendent caduque l’appel de la Dame en pleurs à la conversion et à la pénitence.

Les vrais fils spirituels de la Vierge Marie accordent sans doute une plus grande importance à la conversion de l’humanité aux sentiers de la volonté divine qu’à l’existence de la Basilique de Notre-Dame à La Salette et à celle de la Congrégation des Missionnaires salettins.

Un élément reste encore non résolu et fait l’objet d’inutiles polémiques : quelle est la portée des secrets confiés à Mélanie et à Maximin[5] ?

Le fait que Marie confie des secrets aux voyants, constitue un élément important dans la transmission du récit de l’évènement de La Salette. Ces secrets nous assurent que cette rencontre avait un caractère mystérieux et exigent de le respecter. Ne cherchons pas à découvrir leur contenu, mais, en donnant le récit de l’apparition, mentionnons toujours leur existence, en reconnaissant humblement notre ignorance quant à leur contenu.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS



[1] Cette fête a été introduite d’abord par les servites. A partir de 1667, elle s’est propagée dans quelques diocèses. En 1814, le Pape Pie VII (1800-1823) l’a instaurée dans toute l’Église et a fixé le 3e dimanche de septembre comme jour de la fête. Le Pape Pie X (1903-1914) a établi la fête le 15 septembre, date à laquelle elle est célébrée aujourd’hui.

[2] C’est de cette croix que procédait toute la lumière enveloppant la figure de Marie, alors que Jésus sur la croix était vivant, mais – comme ont rapporté les enfants – en agonie. Jésus ne portait pas encore de blessure sur son côté droit, ouverte par la lance après sa mort.

[3] Ces instruments étaient placés SOUS les bras de la croix portée par Marie, et non SUR eux, comme cela est représenté sur notre croix missionnaire. Il ne s’agit pas d’une question technique, relative à la façon de les fixer, mais leur positionnement a une valeur symbolique.

[4] Une chaine épaisse, avec de grands anneaux, était posée sur les épaules de la « Belle Dame », tandis qu’une chaine plus petite supportait la croix sur sa poitrine.

[5] Nous savons, grâce aux commentaires des enfants sur leur vision de la « Belle Dame », que pendant leur rencontre un petit incident s’est produit, ce qui confirme qu’à ce moment-là, quand ils écoutaient les secrets, les enfants n’étaient ni en extase ni sourds. Lorsque Maximin écoute attentivement la « Belle Dame », Mélanie ne l’étend pas, mais ne présente pas de signe d’ennui ou d’impatience. Elle attend patiemment, sans entendre une parole. Ensuite, les rôles s’inversent : quand Mélanie écoute la « Belle Dame » qui lui confie des secrets, Maximin n’entend pas la voix de Marie. Il commence à s’ennuyer et, avec son bâton, à pousser des petits cailloux en direction de Marie. S’il était sourd, il aurait tout de suite remarqué que les cailloux ne faisaient aucun bruit. Plus tard, quand Mélanie lui reproche ce comportement, il se justifie en disant qu’aucun caillou n’a touché la « Belle Dame ». Il semble donc qu’en écoutant Marie, Mélanie, tout comme Maximin, sont restés bien conscients de que qui se passait autour d’eux et ne sont pas entrés en extase.

Publié dans INFO (FR)

L’Arche de l’Alliance

(Assomption—Lectures tirées de la messe de la veille au soir : Chroniques 15, 3-4,15-16 à 16, 1-2 ; 1 Corinthiens 15, 54-57 ; Luc 11, 27-28)

C'était une journée de grande fête à Jérusalem ! L'Arche de l'Alliance était rapatriée, comme nous le raconte la première lecture, « jusqu’à l’emplacement préparé pour elle ». Aujourd'hui, nous célébrons Marie, l'Arche de la Nouvelle Alliance, au moment où elle monte à la place que le Père lui a préparée au ciel.

De même que l'Arche construite par Moïse était le signe principal de la présence de Dieu parmi son peuple, ainsi le sein de la Vierge a amené le Fils de Dieu parmi nous. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, une femme dans la foule cria à Jésus en disant : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle ». Elle fut peut-être la première à réaliser la prophétie que la Vierge elle-même prononça dans son Magnificat : « Tous les âges me diront bienheureuse ».

C'est parce que Marie a été assumée au ciel que nous avons son apparition à la Salette (entre autres). Son éclat, en tant que Reine du Ciel, c'est la lumière du Christ qui rayonne d'elle. Tout dans l'apparition nous dirige vers le Christ. Ici aussi, elle sert d'Arche, amenant encore une fois son Fils à son peuple.

La Belle Dame fait écho à la réponse de Jésus à la femme de l'Évangile : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! », avec ses propres paroles, « S'ils se convertissent ». Elle promet toutes sortes de grâces, et une abondance de miséricorde.

L'Assomption reflète les paroles de Saint Paul dans la deuxième lecture, « La mort a été engloutie dans la victoire ». La Salette montre le lien tragique entre le péché et la mort, mais fournit en même temps le moyen de triompher des deux. Comment participons-nous à cette victoire ? Un bon point de départ est l'observation des commandements conservés sur des tablettes de pierre et gardées dans l'Arche d'Alliance d'origine.

Si vous êtes allé à La Salette et avez participé, la nuit, à la procession aux flambeaux, vous avez probablement fait l'expérience de l'enthousiasme particulier qui accompagne le chant de l'Angélus de la Salette et la fin de la cérémonie. C'est comme le mot d'ordre de David aux « chantres, avec leurs instruments, pour les faire retentir avec force en signe de joie ».

Que notre amour pour Notre Dame de la Salette soit toujours une source de joie dans nos cœurs.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

Vivre dans le Christ, ensemble

(19e dimanche ordinaire : 1 Rois 19, 4-8 ; Éphésiens 4, 30-5, 2 ; Jean 6, 41-51)

Elie fut un prophète puissant et efficace. Cela semble donc étrange de l'entendre, dans la première lecture, demander la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! »

Peu d'entre nous demandent la mort, mais il y a des occasions où nous prions, « Assez, Seigneur ! » Il peut nous sembler parfois que l'époque dans laquelle nous vivons est plus dure que pour les générations précédentes ; voici les maux dont nous sommes témoins : amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, toute espèce de méchanceté

La liste ci-dessus vous semble-t-elle familière ? Elle devrait, car elle est tirée de la deuxième lecture d'aujourd'hui, écrite il y a plus de 1 950 ans. Il a toujours existé des attitudes et des comportements qui empêchent les chrétiens de vivre une relation d'amour et de foi avec Dieu.

C'est déjà assez mal quand cette négativité est dirigée contre les autres, que nous considérons comme des ennemis. Nous le voyons dans les murmures de ceux qui se sont offensés de la prétention de Jésus à être descendu du ciel.

Mais c'est encore pire quand l'amertume est dirigée contre Dieu. A la Salette, Marie a parlé de l'abus du nom de son Fils et d'un rejet général de la pratique de la foi. Même Maximin et Mélanie ont dû admettre qu'ils ne priaient guère.

La prière est la solution. Dieu a entendu la prière d'Elie, non pas en lui ôtant la vie, mais en lui donnant la force. Si la prière privée est efficace, celle de la communauté chrétienne l'est encore plus. Dans le psaume d'aujourd'hui, nous entendons : « Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom ».

Lorsque nous participons ensemble à l'Eucharistie, et que nous « goûtons et voyons comme est bon le Seigneur », non seulement nous échappons, au moins pour un temps, à l'amertume et à la malice du monde qui nous entoure, mais nous cherchons la réparation de ces mêmes défauts en nous. Alors, comme Elie "fortifié par cette nourriture", nous pouvons espérer porter dans notre vie quotidienne une attitude communautaire.

De cette manière, le message salettin de conversion et de réconciliation devient l'expression des paroles de saint Paul : « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu ».

Un ange a réveillé Élie et lui a fourni de la nourriture. La Belle Dame réveille son peuple et le dirige vers le Pain de la Vie, la chair de son Fils, « donnée pour la vie du monde », sans laquelle nous ne pouvons vraiment pas vivre.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)
mardi, 20 juillet 2021 19:29

Une histoire à raconter

Une histoire à raconter

Août 2021

Raconter une histoire enflamme le cœur

L’art narratif existe depuis les débuts de la civilisation humaine. On raconte des histoires pour éduquer ou pour amuser, et c’est un art ancien, présent dans chaque culture. Ces histoires ont façonné la vision du monde et les valeurs dans toutes les cultures.

Ce n’est pas un hasard qu’aujourd’hui encore les speakers les plus connus soulignent le rôle et l’importance de savoir narrer comme une partie essentielle d’une communication verbale efficace et captivante.

Tous, au moins une fois dans la vie, nous avons expérimenté le pouvoir de la suggestion d’une « bonne histoire ». De « bonnes histoires » maintiennent notre attention en éveil, stimulent nos émotions et nos sentiments, nous aident à mémoriser et, quand elles sont racontées à la première personne, nous finissons par les partager. Justement, un poète américain, mais aussi romancier, dramaturge, essayiste et professeur d’anglais à l’Université Duke, Edward Reynold Price (1 février 1933 – 20 janvier 2011), a affirmé que « le son de l’histoire est le son dominant de notre vie ».

Toute la Bible est imprégnée d’histoires qui sont aussi le fondement du style de la communication de Jésus. Lorsqu’il marchait sur les routes de la Galilée avec ses disciples ou quand il enseignait les foules, Jésus de Nazareth proclamait son message et le partageait à travers « l’art de la narration ». Ce n’est pas une coïncidence si Mathieu nous rappelle que la narration était la technique préférée de Jésus quand Il parlait aux foules (Cf. Mt 13,34). Oui, Jésus semble être un habile storyteller. Il est intéressant de noter que lorsqu’on a demandé à l’écrivain américain qui était le plus grand storyteller de l’histoire, il a répondu que c’était Jésus de Nazareth.

Jésus a su non seulement se servir de « l’art de la narration » pour parler du Père et de son Royaume, mais utilisait un langage direct et simple, en dirigeant constamment l’attention vers la réalité ordinaire et quotidienne, comme par exemple des oiseaux, des fleurs, des pièces de monnaie perdues et tellement d’autres choses communes et familières aux gens de son époque (prêtres, pharisiens, docteurs de la Loi, pêcheurs, agriculteurs etc.).

Avec ses histoires percutantes, Jésus était en mesure de capter l’attention de son public, inspirer son imagination et communiquer son message convaincant, capable de transformer, changer toute une vie. Grâce à son art narratif, Jésus a su révéler le visage miséricordieux du Père et toucher les cordes les plus profondes chez ceux qui l’écoutaient. C’est pourquoi ce n’est pas un hasard si, parmi ses auditeurs, nombreux ont été ceux qui ont décidé de le suivre, et devenir une partie de son histoire. De génération en génération, suivant l’exemple du Maître, ses disciples ont raconté, proclamé, annoncé la Bonne Nouvelle, l’histoire de la bonté et de la miséricorde de Dieu, incarnées en Jésus Christ.

Les dernières paroles adressées par Jésus au Gérasénien : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi » (Lc 8,39), encouragent l’ancien possédé à aller et proclamer dans toute la ville ce que Jésus a fait pour Lui. A La Salette, la « Belle Dame » a confié aux deux petits bergers, Maximin et Mélanie, la mission de raconter l’histoire de leur rencontre avec elle. Cette histoire aussi, tout comme celle de son Fils, a été transmise de génération en génération. Ces deux histoires ont transformé la vie d’un grand nombre d’hommes et de femmes. Et nous, missionnaires de Notre-Dame de La Salette, nous avons reçu le don de ces deux histoires : non pas pour les garder jalousement, mais pour les raconter et les faire raisonner dans la vie ordinaire de nos frères et sœurs que nous rencontrons lors de notre pèlerinage sur terre vers la Jérusalem céleste. Aujourd’hui comme hier, l’Église comme le monde, ont besoin d’écouter ces deux histoires. Aussi bien l’Église que le monde, ont besoin de les entendre justement de ceux qui ont été transformés personnellement tant par le Fils que par la Mère.

Marie nous parle de son Fils

Si les témoins avaient le devoir de transmettre la nouvelle de la glorieuse apparition aux habitants des environs de Corps, la préoccupation de Marie, Mère du Divin Rédempteur, était de rappeler à l’Église son devoir d’être la messagère de la Bonne Nouvelle du salut. C’est pourquoi Marie n’a pas le souci d’exalter son propre nom, même si elle mérite cet honneur. La Mère de l’Église semble nous rappeler la soumission comme condition fondamentale pour mériter les grâces que son Fils nous a laissées en héritage, à travers son abaissement jusqu’à la condition humaine et culminant dans l’effusion de son sang sur la croix.

L’apparition de Marie à La Salette n’est pas une fin en soi. Marie veut réveiller dans tous les baptisées, à commencer par ceux sur qui repose la plus grande responsabilité dans l’Église, la conscience de l’urgence d’annoncer à tous le mystère de son Fils, mort et ressuscité. Elle ne se place pas au centre de son message. Le but de sa glorieuse apparition, comme pendant les noces de Cana, est de demander l’obéissance à son Fils : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5).

En 2001, Jean Paul II, dans son message pour la Journée Mondiale Missionnaire, encourageait le peuple de Dieu à se mettre en route pour porter l’Évangile de Jésus à tous les peuples. Quelle histoire devons-nous donc raconter ? Le crucifix lumineux que Marie porte sur sa poitrine répond précisément à cette question, puisque c’est lui qui a le plus attiré l’attention de Maximin et Mélanie à cause de la lumière qui en émanait. Ceci montre et confirme l’appel missionnaire de Paul : « Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié » (1 Cor 1,22–23). C’est cette histoire, ce message que nous devons raconter jusqu’à l’ultime venue du Christ. Afin que cette « grande aventure de l’évangélisation » soit effective, Jean Paul II propose des méthodes nouvelles, de nouveaux modèles et de nouveaux paradigmes. Dans cette mission commune à tous, il est important de rendre présente la grâce du Seigneur Jésus Christ dans la vie de nos frères et sœurs.

Faire mémoire nous rend capables de cheminer vers demain

Dans sa dernière recommandation adressée aux voyants, répétée deux fois en français, Marie a demandé de « le » communiquer à tout son peuple (précisément : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple »). Ce « le », transmis durant 175 ans, concerne l’évènement de La Salette tout entier. Ici, les détails comptent : le pays dans lequel l’apparition a eu lieu (la France du XIXe siècle) ; le lieu de l’apparition (un village des Alpes) ; le jour et l’heure (environ 15h, samedi 19 septembre 1846) ; le moment après les premières vêpres de la fête liturgique de Notre-Dame des Douleurs (célébrée le 3e dimanche de septembre[1]) ; les vêtements de la « Belle Dame », semblables à ceux que portaient les femmes des campagnes de la région de La Salette, et les autres éléments de son apparence (le crucifix avec Jésus[2], la tenaille et le marteau[3], les deux chaines[4], les roses multicolores) ; ensuite la tristesse, le visage caché, les larmes, la manière dont Marie se comportait et déplaçait en présence des enfants. Mais aussi, le message lui-même et les deux langues dans lesquelles il a été communiqué, la source qui a jailli et qui coule toujours à l’endroit où est apparu le globe de lumière avec Marie assise à l’intérieur, et enfin le fait que les deux enfants ont reçus des secrets dont ils n’ont même pas parlé entre eux. 

Nous connaissons tous les éléments. Nous en parlons dès qu’une occasion se présente. Tant que la Basilique de la Bienheureuse Vierge Marie sur la montagne proche du village de La Salette en France existe, et tant qu’existe la Congrégation des Missionnaires de Notre-Dame de La Salette, la continuité et l’actualité du message de la « Belle Dame » laissé à Mélanie et Maximin seront assurées. La transmission du récit de cet événement suppose une continuation jusqu’à la fin des temps, mais pourra se terminer plus tôt, si les hommes se convertissent et, par leur comportement, rendent caduque l’appel de la Dame en pleurs à la conversion et à la pénitence.

Les vrais fils spirituels de la Vierge Marie accordent sans doute une plus grande importance à la conversion de l’humanité aux sentiers de la volonté divine qu’à l’existence de la Basilique de Notre-Dame à La Salette et à celle de la Congrégation des Missionnaires salettins.

Un élément reste encore non résolu et fait l’objet d’inutiles polémiques : quelle est la portée des secrets confiés à Mélanie et à Maximin[5] ?

Le fait que Marie confie des secrets aux voyants, constitue un élément important dans la transmission du récit de l’évènement de La Salette. Ces secrets nous assurent que cette rencontre avait un caractère mystérieux et exigent de le respecter. Ne cherchons pas à découvrir leur contenu, mais, en donnant le récit de l’apparition, mentionnons toujours leur existence, en reconnaissant humblement notre ignorance quant à leur contenu.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS



[1] Cette fête a été introduite d’abord par les servites. A partir de 1667, elle s’est propagée dans quelques diocèses. En 1814, le Pape Pie VII (1800-1823) l’a instaurée dans toute l’Église et a fixé le 3e dimanche de septembre comme jour de la fête. Le Pape Pie X (1903-1914) a établi la fête le 15 septembre, date à laquelle elle est célébrée aujourd’hui.

[2] C’est de cette croix que procédait toute la lumière enveloppant la figure de Marie, alors que Jésus sur la croix était vivant, mais – comme ont rapporté les enfants – en agonie. Jésus ne portait pas encore de blessure sur son côté droit, ouverte par la lance après sa mort.

[3] Ces instruments étaient placés SOUS les bras de la croix portée par Marie, et non SUR eux, comme cela est représenté sur notre croix missionnaire. Il ne s’agit pas d’une question technique, relative à la façon de les fixer, mais leur positionnement a une valeur symbolique.

[4] Une chaine épaisse, avec de grands anneaux, était posée sur les épaules de la « Belle Dame », tandis qu’une chaine plus petite supportait la croix sur sa poitrine.

[5] Nous savons, grâce aux commentaires des enfants sur leur vision de la « Belle Dame », que pendant leur rencontre un petit incident s’est produit, ce qui confirme qu’à ce moment-là, quand ils écoutaient les secrets, les enfants n’étaient ni en extase ni sourds. Lorsque Maximin écoute attentivement la « Belle Dame », Mélanie ne l’étend pas, mais ne présente pas de signe d’ennui ou d’impatience. Elle attend patiemment, sans entendre une parole. Ensuite, les rôles s’inversent : quand Mélanie écoute la « Belle Dame » qui lui confie des secrets, Maximin n’entend pas la voix de Marie. Il commence à s’ennuyer et, avec son bâton, à pousser des petits cailloux en direction de Marie. S’il était sourd, il aurait tout de suite remarqué que les cailloux ne faisaient aucun bruit. Plus tard, quand Mélanie lui reproche ce comportement, il se justifie en disant qu’aucun caillou n’a touché la « Belle Dame ». Il semble donc qu’en écoutant Marie, Mélanie, tout comme Maximin, sont restés bien conscients de que qui se passait autour d’eux et ne sont pas entrés en extase.

Publié dans MISSION (FR)
dimanche, 11 juillet 2021 22:20

Philippines - Chapitre

Philippines – Chapitre Provincial

Chapitre Provincial : 2 - 6 juillet 2021

Nouveau Conseil Provincial :

P. Manuel Medina, supérieur provincial

P. Elmer Galiza, vicaire provincial

P. Joseph Pilotin, conseiller provincial

Nous souhaitons au nouveau Conseil la lumière de l’Esprit Saint pour le service à la Province.

Publié dans INFO (FR)
dimanche, 11 juillet 2021 16:54

Je vais vous le dire autrement…

Je vais vous le dire autrement…

Juillet 2021

Proclamer le Christ dans la liberté et la diversité

S’il y a un texte qui exprime pleinement l’esprit missionnaire du point de vue du Nouveau Testament, c’est le chapitre 8 de la Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens, où, dans les versets 19 à 23, Paul écrit : « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. Et avec les Juifs, j’ai été comme un Juif, pour gagner les Juifs. Avec ceux qui sont sujets de la Loi, j’ai été comme un sujet de la Loi, moi qui ne le suis pas, pour gagner les sujets de la Loi. Avec les sans-loi, j’ai été comme un sans-loi, moi qui ne suis pas sans loi de Dieu, mais sous la loi du Christ, pour gagner les sans-loi. Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi. »

A son œuvre d’évangélisation, Paul donne ici un caractère clairement catholique (universel). Dans ces lignes, Paul dévoile trois éléments importants, sur lesquels il fonde l’approche universaliste de son propre ministère. Premièrement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul est universelle car l’évangélisateur est libre, comme cela est affirmé au verset 19 : « Libre à l’égard de tous ». Deuxièmement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul n’a pas de « frontières » car l’évangélisateur trouve sa motivation dans l’Évangile : « Je le fais à cause de l’Évangile » (v. 23). Troisièmement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul est universelle car l’évangélisateur n’a qu’un but, à savoir « en sauver à tout prix quelques-uns » (v. 22). Ces trois éléments expliquent aussi bien le motif pour lequel Paul a été capable de devenir « tout à tous », que la manière dont il l’a fait. Ainsi, par exemple lors de son séjour à Athènes, Paul discute tous les jours dans la synagogue « avec les Juifs et ceux qui adorent Dieu, ainsi qu’avec ceux qu’il rencontrait chaque jour sur l’Agora » (Ac 17,17) tout comme sur l’Aréopage. Ces quelques textes suffisent pour montrer la grande approche « catholique » de la pastorale qui a inspiré et guidé le ministère de Paul et son œuvre d’évangélisation. Il semble que pour Paul il n’y ait pas de situations « adéquates » ou « inadéquates », de personnes « convenables » ou « inconvenables » pour annoncer la Bonne Nouvelle. Chaque situation et chaque catégorie de personnes sont une « situation adéquate » et « une personne convenable » pour annoncer « l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1).

Indépendamment de ce que nous pouvons penser, Paul n’a pas été le premier à incarner et mettre en pratique cette façon de propager la Bonne Nouvelle. Avant lui déjà, c’est Jésus de Nazareth qui a fait de même. Avant Paul, Celui qui était l’« Apôtre » du Père, a abordé sa mission de la même façon. Pendant son activité publique, Jésus de Nazareth, ayant le cœur « brulant d’ardeur » pour le Royaume de Dieu et « les affaires de son Père », proclamait la Bonne Nouvelle aussi bien aux hommes qu’aux femmes, aussi bien aux pharisiens qu’aux saducéens, aussi bien aux riches qu’aux pauvres et mis en marge à cette époque-là, aussi bien aux Juifs religieux qu’aux Samaritains et païens. L’activité de Jésus ne connaissait aucune limitation religieuse ou cultuelle, aucune frontière ethnique ou sociale. Son engagement plein de zèle dans la mission que son Père lui avait confiée, a fait de Lui un Annonciateur, un Maître et un Rédempteur entièrement libre.

Il est intéressant de remarquer que le même esprit est présent dans l’apparition de Notre-Dame de La Salette. C’est ce que suggèrent, par exemple, les vêtements portés par la « Belle Dame », lorsqu’elle est apparue aux deux petits bergers, Maximin et Mélanie. Les enfants nous disent que Marie de La Salette était habillée de la même façon que les femmes des villages environnants à cette époque. On peut dire autant sur le fait que Marie est passée du français au patois parlé à l’époque par les gens ordinaires dans cette région.

Jésus de Nazareth, Saint Paul et la « Belle Dame » de La Salette – voici trois exemples motivants qui nous encouragent et inspirent à mettre en œuvre, dans notre ministère, indépendamment de nos préférences ou notre idéologie, cette « catholicité » de la mission que Marie, par son Fils, a confié à chacun de nous.

Le langage de l’amour

Jésus a pris notre condition humaine par amour, même si le prix qu’Il a dû payer pour cet acte magnifique, a été une souffrance si grande qu’Il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Les paroles : « Je vais vous le dire autrement » sont une référence claire à l’évangélisation comme première mission de l’Église car elle est la continuation de l’œuvre salvatrice du Christ. Le message chrétien s’est inscrit dans les langues de tous les peuples, au point de supplanter certaines cultures ! On peut dire que toutes les cultures se sont laissé illuminer par l’autorité du Christ en tant que dénominateur commun. Car, en dehors du nom de Jésus, « sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4,12).

Le pontificat de Jean XXIII a initié le chemin de l’adaptation (aggiornamento) de l’Église aux temps nouveaux, en lien avec le mouvement du renouveau liturgique, théologique, biblique, pastoral et social, à la recherche d’une attitude nouvelle, en accord avec le grand désir de la Vierge Marie : que le message de son Fils soit de mieux en mieux connu.

Saint Jean Paul II, dans son encyclique Redemptoris missio, a utilisé pour la première fois le terme « nouvelle évangélisation ». Celui-ci n’a pas été inventé à la suite de la création d’un dicastère au Saint Siège, mais constituait pour l’Église plutôt une provocation, en quelque sorte, afin qu’elle reconnaisse un besoin pressant et la nécessité d’évangélisation comme sa propre mission qui dure, certes, depuis deux mille ans, mais qui doit trouver un langage nouveau, de nouveaux styles de vie, basés non seulement sur une identité profonde, mais également sur le respect. C’est pourquoi ce Saint de notre temps a voulu nous inciter à utiliser un langage nouveau dans la proclamation de la foi de toujours. Et nous savons que Marie, sans vouloir changer l’orientation de l’Église de son Fils, désire seulement nous rappeler le devoir qui repose sur nous de tout temps, le devoir de nous soumettre à Dieu. « Je vais vous le dire autrement » n’est autre chose qu’une expression claire d’une vérité immuable et éternelle, de la vérité de Jésus mort et ressuscité, la cause de notre salut. « Je vais vous le dire autrement » est – comme le dit le cardinal Tagle – la réponse au défi actuel de discerner comment, dans le monde qui change, présenter l’Évangile qui lui, reste toujours le même.

Dans la prédication de la Bonne Nouvelle du salut on a besoin d’un langage qui ne connaît pas de frontières, du langage de l’amour que Jésus nous a laissé en héritage dans les derniers moments de sa vie sur terre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). Aujourd’hui, il faut transmettre le message évangélique dans la langue la mieux comprise par l’humanité de notre temps, à savoir la langue de l’amour, semblable à l’amour de Marie pleurant au pied de la croix et à La Salette, et non pas dans la langue de grandes dissertations théologiques.

Jésus est venu au monde par amour ; c’est par amour que Marie reste notre Mère attentive ; et par amour nous, missionnaires salettins, nous relevons le défi de la mission évangélisatrice de l’Église.

La Salette – une communication fondée sur la sensibilité qui va au-delà de la langue et de la culture

L’histoire a conféré à notre Congrégation un caractère missionnaire. 175 ans après l’apparition de Notre-Dame à La Salette nous savons que notre tâche est d’évangéliser le monde dans l’esprit du message que nous a laissé la « Belle Dame ». Cela implique la nécessité de l’ouverture à d’autres langues et cultures dans lesquelles nous travaillons. Toute la Congrégation en porte la responsabilité, et non seulement des Provinces particulières, ancrées dans une seule culture et une seule langue.

Il est frappant que Marie, en parlant avec Mélanie et Maximin, utilise deux langues. Le français est la langue du pays que la tradition a surnommé « Fille aînée de l’Église ». Dans cette langue, Marie a livré ses recommandations les plus urgentes, ayant trait à l’Eucharistie et au respect du dimanche. En revanche, quand elle évoque les problèmes prosaïques de la région de La Salette, elle commence à parler le dialecte que même les enfants comprennent. La perplexité de Mélanie convainc Marie de revoir sa méthode de communication et de la rendre plus accessible. De cette façon elle gagne non seulement des médiateurs pour la diffusion de son message, mais aussi des auditeurs qui la comprennent.

Rappelons-nous que très souvent, et non seulement aujourd’hui, dans certaines situations il nous faut « le dire autrement ». C’est la réconciliation : l’initiative est du côté de celui qui sait que l’autre a quelque chose contre lui. C’est moi qui dois commencer à parler différemment, même si à cause de cela d’autres me voient sous un mauvais jour. Jésus aussi a parlé de la nécessité d’un changement d’attitude et de façon de communiquer : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5,23-24). Si nous voulons nous réconcilier avec nos semblables, rien n’est plus utile que de changer de ton, de façon d’interagir, mais avant tout, de modifier la narration et passer d’un discours accusateur et justicier au discours qui exprime la requête du pardon et de la réconciliation. Dorénavant, c’est un autre langage : celui du pardon et de la miséricorde. Et Dieu le parle. Cette tâche est difficile pour nous, mais nous pouvons compter constamment sur l’aide de l’amour et de la grâce de Jésus, il est donc possible de l’accomplir.

Nous devons adopter l’attitude des Apôtres Paul et Barnabé. Les Actes des Apôtres racontent que, lorsqu’ils étaient à Lystres, Iconium et Antioche [actuellement en Turquie centrale], « ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : „ Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ” » (Ac 14,22). Il est intéressant de remarquer une spécificité de cette région : ces habitants parlaient leur propre dialecte, le lycaonien (cf. Ac 14,11).

Ainsi Marie, après avoir transmis aux enfants, dans leur dialecte, des réflexions personnelles, reprend la langue française et dit : « Faites-le bien passer à tout mon peuple ». Elle le répète deux fois ; alors, dans cette recommandation est contenu aussi cette phrase à communiquer : « Vous ne comprenez pas, mes enfants ! Je m’en vais vous le dire autrement. » Nous devons transmettre l’ensemble du message, avec tous les éléments qui en font partie. Ce n’est pas un simple indice ou une parenthèse de la part de Marie. Effectivement, la phrase « je vous le dirai différemment » est un exemple de l’usage d’une langue qui n’est pas dérivée de l’expérience de ce monde, mais de l’expérience du Ciel qui est notre vraie patrie. Là-bas, seules l’intimité du cœur et la sensibilité de l’esprit dans l’amour et la réconciliation ont de la valeur, et les gens de tous les temps et de toutes les cultures attendent de pouvoir parler cette langue, car ils ont toujours soif d’amour et sont touchés par une profonde crise de la foi et de l’identité.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS

Publié dans MISSION (FR)
dimanche, 11 juillet 2021 13:01

Méditation - Juillet 2021

Je vais vous le dire autrement…

Juillet 2021

Proclamer le Christ dans la liberté et la diversité

S’il y a un texte qui exprime pleinement l’esprit missionnaire du point de vue du Nouveau Testament, c’est le chapitre 8 de la Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens, où, dans les versets 19 à 23, Paul écrit : « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. Et avec les Juifs, j’ai été comme un Juif, pour gagner les Juifs. Avec ceux qui sont sujets de la Loi, j’ai été comme un sujet de la Loi, moi qui ne le suis pas, pour gagner les sujets de la Loi. Avec les sans-loi, j’ai été comme un sans-loi, moi qui ne suis pas sans loi de Dieu, mais sous la loi du Christ, pour gagner les sans-loi. Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi. »

A son œuvre d’évangélisation, Paul donne ici un caractère clairement catholique (universel). Dans ces lignes, Paul dévoile trois éléments importants, sur lesquels il fonde l’approche universaliste de son propre ministère. Premièrement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul est universelle car l’évangélisateur est libre, comme cela est affirmé au verset 19 : « Libre à l’égard de tous ». Deuxièmement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul n’a pas de « frontières » car l’évangélisateur trouve sa motivation dans l’Évangile : « Je le fais à cause de l’Évangile » (v. 23). Troisièmement : l’œuvre d’évangélisation menée par Paul est universelle car l’évangélisateur n’a qu’un but, à savoir « en sauver à tout prix quelques-uns » (v. 22). Ces trois éléments expliquent aussi bien le motif pour lequel Paul a été capable de devenir « tout à tous », que la manière dont il l’a fait. Ainsi, par exemple lors de son séjour à Athènes, Paul discute tous les jours dans la synagogue « avec les Juifs et ceux qui adorent Dieu, ainsi qu’avec ceux qu’il rencontrait chaque jour sur l’Agora » (Ac 17,17) tout comme sur l’Aréopage. Ces quelques textes suffisent pour montrer la grande approche « catholique » de la pastorale qui a inspiré et guidé le ministère de Paul et son œuvre d’évangélisation. Il semble que pour Paul il n’y ait pas de situations « adéquates » ou « inadéquates », de personnes « convenables » ou « inconvenables » pour annoncer la Bonne Nouvelle. Chaque situation et chaque catégorie de personnes sont une « situation adéquate » et « une personne convenable » pour annoncer « l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1).

Indépendamment de ce que nous pouvons penser, Paul n’a pas été le premier à incarner et mettre en pratique cette façon de propager la Bonne Nouvelle. Avant lui déjà, c’est Jésus de Nazareth qui a fait de même. Avant Paul, Celui qui était l’« Apôtre » du Père, a abordé sa mission de la même façon. Pendant son activité publique, Jésus de Nazareth, ayant le cœur « brulant d’ardeur » pour le Royaume de Dieu et « les affaires de son Père », proclamait la Bonne Nouvelle aussi bien aux hommes qu’aux femmes, aussi bien aux pharisiens qu’aux saducéens, aussi bien aux riches qu’aux pauvres et mis en marge à cette époque-là, aussi bien aux Juifs religieux qu’aux Samaritains et païens. L’activité de Jésus ne connaissait aucune limitation religieuse ou cultuelle, aucune frontière ethnique ou sociale. Son engagement plein de zèle dans la mission que son Père lui avait confiée, a fait de Lui un Annonciateur, un Maître et un Rédempteur entièrement libre.

Il est intéressant de remarquer que le même esprit est présent dans l’apparition de Notre-Dame de La Salette. C’est ce que suggèrent, par exemple, les vêtements portés par la « Belle Dame », lorsqu’elle est apparue aux deux petits bergers, Maximin et Mélanie. Les enfants nous disent que Marie de La Salette était habillée de la même façon que les femmes des villages environnants à cette époque. On peut dire autant sur le fait que Marie est passée du français au patois parlé à l’époque par les gens ordinaires dans cette région.

Jésus de Nazareth, Saint Paul et la « Belle Dame » de La Salette – voici trois exemples motivants qui nous encouragent et inspirent à mettre en œuvre, dans notre ministère, indépendamment de nos préférences ou notre idéologie, cette « catholicité » de la mission que Marie, par son Fils, a confié à chacun de nous.

Le langage de l’amour

Jésus a pris notre condition humaine par amour, même si le prix qu’Il a dû payer pour cet acte magnifique, a été une souffrance si grande qu’Il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Les paroles : « Je vais vous le dire autrement » sont une référence claire à l’évangélisation comme première mission de l’Église car elle est la continuation de l’œuvre salvatrice du Christ. Le message chrétien s’est inscrit dans les langues de tous les peuples, au point de supplanter certaines cultures ! On peut dire que toutes les cultures se sont laissé illuminer par l’autorité du Christ en tant que dénominateur commun. Car, en dehors du nom de Jésus, « sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4,12).

Le pontificat de Jean XXIII a initié le chemin de l’adaptation (aggiornamento) de l’Église aux temps nouveaux, en lien avec le mouvement du renouveau liturgique, théologique, biblique, pastoral et social, à la recherche d’une attitude nouvelle, en accord avec le grand désir de la Vierge Marie : que le message de son Fils soit de mieux en mieux connu.

Saint Jean Paul II, dans son encyclique Redemptoris missio, a utilisé pour la première fois le terme « nouvelle évangélisation ». Celui-ci n’a pas été inventé à la suite de la création d’un dicastère au Saint Siège, mais constituait pour l’Église plutôt une provocation, en quelque sorte, afin qu’elle reconnaisse un besoin pressant et la nécessité d’évangélisation comme sa propre mission qui dure, certes, depuis deux mille ans, mais qui doit trouver un langage nouveau, de nouveaux styles de vie, basés non seulement sur une identité profonde, mais également sur le respect. C’est pourquoi ce Saint de notre temps a voulu nous inciter à utiliser un langage nouveau dans la proclamation de la foi de toujours. Et nous savons que Marie, sans vouloir changer l’orientation de l’Église de son Fils, désire seulement nous rappeler le devoir qui repose sur nous de tout temps, le devoir de nous soumettre à Dieu. « Je vais vous le dire autrement » n’est autre chose qu’une expression claire d’une vérité immuable et éternelle, de la vérité de Jésus mort et ressuscité, la cause de notre salut. « Je vais vous le dire autrement » est – comme le dit le cardinal Tagle – la réponse au défi actuel de discerner comment, dans le monde qui change, présenter l’Évangile qui lui, reste toujours le même.

Dans la prédication de la Bonne Nouvelle du salut on a besoin d’un langage qui ne connaît pas de frontières, du langage de l’amour que Jésus nous a laissé en héritage dans les derniers moments de sa vie sur terre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). Aujourd’hui, il faut transmettre le message évangélique dans la langue la mieux comprise par l’humanité de notre temps, à savoir la langue de l’amour, semblable à l’amour de Marie pleurant au pied de la croix et à La Salette, et non pas dans la langue de grandes dissertations théologiques.

Jésus est venu au monde par amour ; c’est par amour que Marie reste notre Mère attentive ; et par amour nous, missionnaires salettins, nous relevons le défi de la mission évangélisatrice de l’Église.

La Salette – une communication fondée sur la sensibilité qui va au-delà de la langue et de la culture

L’histoire a conféré à notre Congrégation un caractère missionnaire. 175 ans après l’apparition de Notre-Dame à La Salette nous savons que notre tâche est d’évangéliser le monde dans l’esprit du message que nous a laissé la « Belle Dame ». Cela implique la nécessité de l’ouverture à d’autres langues et cultures dans lesquelles nous travaillons. Toute la Congrégation en porte la responsabilité, et non seulement des Provinces particulières, ancrées dans une seule culture et une seule langue.

Il est frappant que Marie, en parlant avec Mélanie et Maximin, utilise deux langues. Le français est la langue du pays que la tradition a surnommé « Fille aînée de l’Église ». Dans cette langue, Marie a livré ses recommandations les plus urgentes, ayant trait à l’Eucharistie et au respect du dimanche. En revanche, quand elle évoque les problèmes prosaïques de la région de La Salette, elle commence à parler le dialecte que même les enfants comprennent. La perplexité de Mélanie convainc Marie de revoir sa méthode de communication et de la rendre plus accessible. De cette façon elle gagne non seulement des médiateurs pour la diffusion de son message, mais aussi des auditeurs qui la comprennent.

Rappelons-nous que très souvent, et non seulement aujourd’hui, dans certaines situations il nous faut « le dire autrement ». C’est la réconciliation : l’initiative est du côté de celui qui sait que l’autre a quelque chose contre lui. C’est moi qui dois commencer à parler différemment, même si à cause de cela d’autres me voient sous un mauvais jour. Jésus aussi a parlé de la nécessité d’un changement d’attitude et de façon de communiquer : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5,23-24). Si nous voulons nous réconcilier avec nos semblables, rien n’est plus utile que de changer de ton, de façon d’interagir, mais avant tout, de modifier la narration et passer d’un discours accusateur et justicier au discours qui exprime la requête du pardon et de la réconciliation. Dorénavant, c’est un autre langage : celui du pardon et de la miséricorde. Et Dieu le parle. Cette tâche est difficile pour nous, mais nous pouvons compter constamment sur l’aide de l’amour et de la grâce de Jésus, il est donc possible de l’accomplir.

Nous devons adopter l’attitude des Apôtres Paul et Barnabé. Les Actes des Apôtres racontent que, lorsqu’ils étaient à Lystres, Iconium et Antioche [actuellement en Turquie centrale], « ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : „ Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ” » (Ac 14,22). Il est intéressant de remarquer une spécificité de cette région : ces habitants parlaient leur propre dialecte, le lycaonien (cf. Ac 14,11).

Ainsi Marie, après avoir transmis aux enfants, dans leur dialecte, des réflexions personnelles, reprend la langue française et dit : « Faites-le bien passer à tout mon peuple ». Elle le répète deux fois ; alors, dans cette recommandation est contenu aussi cette phrase à communiquer : « Vous ne comprenez pas, mes enfants ! Je m’en vais vous le dire autrement. » Nous devons transmettre l’ensemble du message, avec tous les éléments qui en font partie. Ce n’est pas un simple indice ou une parenthèse de la part de Marie. Effectivement, la phrase « je vous le dirai différemment » est un exemple de l’usage d’une langue qui n’est pas dérivée de l’expérience de ce monde, mais de l’expérience du Ciel qui est notre vraie patrie. Là-bas, seules l’intimité du cœur et la sensibilité de l’esprit dans l’amour et la réconciliation ont de la valeur, et les gens de tous les temps et de toutes les cultures attendent de pouvoir parler cette langue, car ils ont toujours soif d’amour et sont touchés par une profonde crise de la foi et de l’identité.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS

Publié dans INFO (FR)

Signes et merveilles

(18e dimanche ordinaire : Exode 16, 2-15 ; Éphésiens 4, 17-24 ; Jean 6, 24-35)

Dans le cycle triennal du Lectionnaire dominical, nous sommes actuellement en l'Année B, qui souligne l'Évangile de Marc les dimanches du Temps ordinaire. Mais il y a toujours une pause de quatre semaines, où l'Église présente le « discours du pain de vie » tiré du chapitre 6 de l'Évangile de Jean.

Aujourd'hui, nous en avons le début, un échange étrange entre Jésus et le peuple que Jésus avait nourri lors de la multiplication des pains et des poissons. « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » — « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés ».

Ils avaient vu ce qu'il avait fait, évidemment, et ils continuaient à le chercher parce qu'ils en voulaient davantage—encore plus de la même chose. Mais ils n'avaient pas perçu le signe, ils n'avaient pas compris la signification de l'événement.

Dans la première lecture, les Israélites, dans le désert, désiraient les marmites de viande de l'Égypte, oubliant les signes et les merveilles par lesquels ils avaient été sauvés de l'esclavage, et murmurant non pas tellement contre Moïse et Aaron mais plutôt contre le Seigneur leur Dieu.

À la Salette, la Vierge décrit une conduite semblable. Par deux fois, elle mentionne comment on jure et on jette le nom de son Fils au milieu.

Il semble qu'il y ait eu une nostalgie du passé parmi les chrétiens d'Éphèse. st Paul écrit : « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien ». Tout au moins, ils devaient apprendre qu'une relation réelle avec le Seigneur n'était pas compatible avec les coutumes des gentils, un message dont on retrouve l'écho à La Salette.

La Salette, c'est aussi des signes et des merveilles : la lumière, les larmes, les roses, les chaînes et le crucifix, le simple costume de paysanne ; et n'oublions pas la source jadis saisonnière qui depuis septembre 1846 n'a jamais cessé de couler. Aussi, dans son discours, Marie fait une promesse merveilleuse, biblique dans son extravagance, de récoltes abondantes pour ceux qui retourneront à Dieu.

Que faut-il pour que nous ayons une relation vraiment personnelle avec le Seigneur, non basée seulement sur l'obéissance ou sur nos besoins ? Comment pouvons-nous devenir des tabernacles dignes de la grâce de Dieu ? Commençons par reconnaître les signes de sa présence et les merveilles de son amour, tels que nous les montre la Belle Dame.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

Jésus et les besoins humains

(17e dimanche ordinaire : Jérémie 23, 1-6 ; Éphésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34)

Parmi les nombreuses formes de souffrance humaine se trouve celle qui est mentionnée dans l'Évangile de ce jour : l'insécurité alimentaire. Dans ce récit, le manque de nourriture n'était pas de longue durée. Jésus a répondu à un besoin immédiat en une occasion précise.

Mais, comme Jésus, nous pouvons aussi demander comment il serait possible de pourvoir aux besoins de tant de gens. Certains d'entre nous, comme Philippe et André, diraient que c'est impossible. Mais, nous dit l'évangéliste, Jésus « savait bien, lui, ce qu’il allait faire ».

Certains de nos lecteurs ont expérimenté l'insécurité alimentaire, peut-être combinée à l'anxiété liée au logement, au travail, etc. Beaucoup ne l'ont pas connue. Dans quelle circonstance voyons-nous la grâce de Dieu plus active ?

À la Salette, Marie a remarqué que les gens travaillaient le dimanche tout l'été. Mais, avec les pommes de terre, le blé, les raisins et même les noix qui étaient tous en danger de faillir, les cultivateurs, au désespoir, tâchaient de sauver le peu qu'ils pouvaient. Il est difficile de s'occuper d'affaires spirituelles quand les besoins matériels exigent toute notre attention.

D'autre part, si toute notre attention se porte sur ce que nous possédons et que nous sommes incapables de répondre aux besoins des autres, il est tout aussi difficile de vivre dans l'Esprit, de progresser, de travailler et d'apprendre en communauté. La compassion et l'empathie sont des dons. Les désirons-nous ?

Jésus a nourri la foule affamée parce qu'il a vu leur besoin, et il a vu leur besoin parce qu'il voulait le voir. Marie était consciente de l'insécurité alimentaire de son peuple, et elle a offert de l'espoir, « s'ils se convertissent ». La conversion, elle aussi, est un don. La désirons-nous ?

Saint Paul écrit : « Je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation ». Il pense surtout à l'unité : « un seul Corps et un seul Esprit ». Comment cela est-il possible si certains membres souffrent de la famine et que d'autres membres refusent de leur venir en aide ?

Osons-nous prier pour obtenir les dons de conversion et de compassion dans nos vies, demander au Seigneur de nous rendre semblables à lui, prêts à reconnaître les besoins qui nous entourent ?

Au début de l'Évangile, nous lisons que Jésus "vit qu'une grande foule venait à lui." Avec peu de choses, il a satisfait le besoin de la multitude. Lorsque les chrétiens aident les autres, leur intention est de les diriger vers le Christ. Il en fut aussi pour Marie à la Salette.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)
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