Signes et merveilles

(18e dimanche ordinaire : Exode 16, 2-15 ; Éphésiens 4, 17-24 ; Jean 6, 24-35)

Dans le cycle triennal du Lectionnaire dominical, nous sommes actuellement en l'Année B, qui souligne l'Évangile de Marc les dimanches du Temps ordinaire. Mais il y a toujours une pause de quatre semaines, où l'Église présente le « discours du pain de vie » tiré du chapitre 6 de l'Évangile de Jean.

Aujourd'hui, nous en avons le début, un échange étrange entre Jésus et le peuple que Jésus avait nourri lors de la multiplication des pains et des poissons. « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » — « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés ».

Ils avaient vu ce qu'il avait fait, évidemment, et ils continuaient à le chercher parce qu'ils en voulaient davantage—encore plus de la même chose. Mais ils n'avaient pas perçu le signe, ils n'avaient pas compris la signification de l'événement.

Dans la première lecture, les Israélites, dans le désert, désiraient les marmites de viande de l'Égypte, oubliant les signes et les merveilles par lesquels ils avaient été sauvés de l'esclavage, et murmurant non pas tellement contre Moïse et Aaron mais plutôt contre le Seigneur leur Dieu.

À la Salette, la Vierge décrit une conduite semblable. Par deux fois, elle mentionne comment on jure et on jette le nom de son Fils au milieu.

Il semble qu'il y ait eu une nostalgie du passé parmi les chrétiens d'Éphèse. st Paul écrit : « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien ». Tout au moins, ils devaient apprendre qu'une relation réelle avec le Seigneur n'était pas compatible avec les coutumes des gentils, un message dont on retrouve l'écho à La Salette.

La Salette, c'est aussi des signes et des merveilles : la lumière, les larmes, les roses, les chaînes et le crucifix, le simple costume de paysanne ; et n'oublions pas la source jadis saisonnière qui depuis septembre 1846 n'a jamais cessé de couler. Aussi, dans son discours, Marie fait une promesse merveilleuse, biblique dans son extravagance, de récoltes abondantes pour ceux qui retourneront à Dieu.

Que faut-il pour que nous ayons une relation vraiment personnelle avec le Seigneur, non basée seulement sur l'obéissance ou sur nos besoins ? Comment pouvons-nous devenir des tabernacles dignes de la grâce de Dieu ? Commençons par reconnaître les signes de sa présence et les merveilles de son amour, tels que nous les montre la Belle Dame.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Jésus et les besoins humains

(17e dimanche ordinaire : Jérémie 23, 1-6 ; Éphésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34)

Parmi les nombreuses formes de souffrance humaine se trouve celle qui est mentionnée dans l'Évangile de ce jour : l'insécurité alimentaire. Dans ce récit, le manque de nourriture n'était pas de longue durée. Jésus a répondu à un besoin immédiat en une occasion précise.

Mais, comme Jésus, nous pouvons aussi demander comment il serait possible de pourvoir aux besoins de tant de gens. Certains d'entre nous, comme Philippe et André, diraient que c'est impossible. Mais, nous dit l'évangéliste, Jésus « savait bien, lui, ce qu’il allait faire ».

Certains de nos lecteurs ont expérimenté l'insécurité alimentaire, peut-être combinée à l'anxiété liée au logement, au travail, etc. Beaucoup ne l'ont pas connue. Dans quelle circonstance voyons-nous la grâce de Dieu plus active ?

À la Salette, Marie a remarqué que les gens travaillaient le dimanche tout l'été. Mais, avec les pommes de terre, le blé, les raisins et même les noix qui étaient tous en danger de faillir, les cultivateurs, au désespoir, tâchaient de sauver le peu qu'ils pouvaient. Il est difficile de s'occuper d'affaires spirituelles quand les besoins matériels exigent toute notre attention.

D'autre part, si toute notre attention se porte sur ce que nous possédons et que nous sommes incapables de répondre aux besoins des autres, il est tout aussi difficile de vivre dans l'Esprit, de progresser, de travailler et d'apprendre en communauté. La compassion et l'empathie sont des dons. Les désirons-nous ?

Jésus a nourri la foule affamée parce qu'il a vu leur besoin, et il a vu leur besoin parce qu'il voulait le voir. Marie était consciente de l'insécurité alimentaire de son peuple, et elle a offert de l'espoir, « s'ils se convertissent ». La conversion, elle aussi, est un don. La désirons-nous ?

Saint Paul écrit : « Je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation ». Il pense surtout à l'unité : « un seul Corps et un seul Esprit ». Comment cela est-il possible si certains membres souffrent de la famine et que d'autres membres refusent de leur venir en aide ?

Osons-nous prier pour obtenir les dons de conversion et de compassion dans nos vies, demander au Seigneur de nous rendre semblables à lui, prêts à reconnaître les besoins qui nous entourent ?

Au début de l'Évangile, nous lisons que Jésus "vit qu'une grande foule venait à lui." Avec peu de choses, il a satisfait le besoin de la multitude. Lorsque les chrétiens aident les autres, leur intention est de les diriger vers le Christ. Il en fut aussi pour Marie à la Salette.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Repose-toi dans le Seigneur

(16e dimanche ordinaire : Jérémie 23, 1-6 ; Éphésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34)

Il est temps une fois de plus de nous arrêter pour réfléchir sur les lectures d'aujourd'hui dans la perspective salettine.

Jérémie proclame la condamnation des pasteurs : « Vous qui laissez périr et dispersez les brebis de mon pâturage ». Mais n'y a-t-il pas de responsabilité de la part du troupeau ? On ne peut blâmer les vraies brebis d'agir en moutons, mais quand il s'agit des humains, l'image a ses limites. Nous avons une conscience.

Dans son chapitre sur La dignité de la personne humaine, le Catéchisme de l'Église catholique inclut une section sur la conscience. Il commence par une citation de Vatican II : « C’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme. La conscience est le centre le plus intime et le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre ».

Il présente ensuite la doctrine de l'Église sous quatre rubriques, dont l'une s'intitule, La formation de la conscience. Le tout se base sur la foi, telle que le psalmiste l'exprime aujourd'hui dans le Seigneur, son berger.

À l'époque de la Révolution française, la philosophie de la séparation de l'Église et de l'État, aussi logique qu'elle soit, avait conduit à un anticléricalisme sérieux. Depuis lors, il est possible en France de célébrer un « baptême civil » pour un nouveau-né, qui est placé « sous la protection des institutions républicaines et laïques ».

De cette attitude advint la négligence de l'Eucharistie, et de la pratique religieuse en général, dont Marie se plaint à La Salette. Son peuple s'était égaré.

Jérémie présente la promesse de Dieu : « Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis ». La Belle Dame offre l'espoir à ceux qui retourneront à son Fils.

Aujourd'hui, de nombreux « bergers » se disputent la confiance du troupeau. La liste comprend des scientifiques, des gouvernements, des psychologues, des commentateurs de l'actualité, etc. Certains sont ouvertement hostiles à la religion. Que faire ?

L'Évangile d'aujourd'hui nous offre une piste. Après leur tournée missionnaire, Jésus dit à ses apôtres : « Venez vous-mêmes dans un endroit désert et reposez-vous un peu ». Cela n'a pas eu lieu, mais le principe est solide. Il nous faut parfois nous éloigner de toutes nos distractions, afin de nous reposer avec le Seigneur qui rafraîchit notre esprit, et de bien prier.

P. Paul Belhumeur, M.S.

Ce que nous étions... Ce que nous sommes

(15e dimanche ordinaire : Amos 7, 12-15 ; Éphésiens 1, 3-14 ; Marc 6, 7-13)

Le lien salettin avec la première lecture, aujourd'hui, est évident. Amos dit : « Je n’étais pas prophète... ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : ‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël’ »

La Sainte Vierge a parlé à deux enfants qui n'étaient certainement pas de prophètes. Elle les a enlevés à leurs vaches et leur a dit : "Vous le ferez passer à tout mon peuple".

Les Apôtres, envoyés comme missionnaires par Jésus dans l'Évangile de ce jour, pourraient en dire de même : j'étais pêcheur, agent du fisc, agitateur... Le Seigneur m'a tiré de tout cela, pour changer ma vie totalement. Beaucoup plus tard, Paul, pas inclus dans les Douze premiers, n'a pas hésité à dire aux autres qu'il avait été persécuteur de l'Église avant de rencontrer Jésus.

Mettez-vous à leur place. Qu'étiez-vous ? Qu'est-ce que vous êtes maintenant ? Nous avons tous sans doute fait l'expérience de moments clés qui pourraient changer notre vie. Certains sont fondamentaux, comme la foi.

Même parmi les catholiques depuis toujours actifs, il vient un moment dans la prière, les sacrements, l'Écriture sainte, etc., où tout prend une vie nouvelle, une signification plus personnelle ; ils deviennent plus importants qu'auparavant. C'est la conversion.

Cela advient parfois graduellement, mais à la Salette, cela arrive, assez souvent, soudainement. Plusieurs qui montent à la sainte montagne en simples touristes, y reviennent plus tard en pèlerins. Le confessionnal est l’endroit où la plupart des miracles de la Salette ont lieu.

Dans la seconde lecture, Paul nous rappelle par deux fois que Dieu nous a choisis. Et à chaque fois, il ajoute « en lui », c'est-à-dire dans le Christ. En tant que salettins, on pourrait être tenté de penser que nous avons été choisis « en Marie », mais ce ne serait pas exact. Le cœur même de l'apparition de la Belle Dame est Jésus, dont elle porte l'image crucifiée sur sa poitrine.

Si nous croyons vraiment, et si notre foi est bien enracinée dans le Christ, alors nous pouvons rendre gloire à Dieu quand il nous convoque et nous envoie prophétiser, proclamer, faire connaître un message. Nous étions peut-être autre chose, mais une fois convertis et réconciliés avec Dieu par son Fils, nous pouvons avec confiance porter notre attention sur la mission, quelle qu'elle soit, et peu importe en quel endroit.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La grâce suffisante

(14e dimanche ordinaire : Ézékiel 2, 2-5 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6)

La plupart d'entre nous sont prêts à des sacrifices pour une cause, ou pour des autres, parfois même pour leur foi. Mais pouvons-nous dire honnêtement avec saint Paul : « J’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes » ? Tâche considérable !

Pourtant, c'est ce que Paul prétend dans la deuxième lecture d'aujourd'hui. Remarquez bien, cependant, qu'il n'était pas du tout content, quand il était tourmenté par ce qu'il nomme « une écharde dans ma chair », et quand sa prière constante pour le soulagement n'était pas entendue. Enfin, le Seigneur lui répondit : « Ma grâce te suffit ». Cela était une révélation pour Paul et, par lui, pour nous.

La grâce suffisante fut promise à Ezékiel dans la première lecture. Il la décrit comme un esprit qui vint en lui et le fit tenir debout, le préparant à faire face au peuple rebelle de Dieu. « Qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux ».

Vous êtes-vous trouvés dans une situation semblable ? Devoir faire des remontrances aux autres devient une tâche ingrate, et ceux qui doivent le faire peuvent bien passer pour une écharde dans la chair et être traités avec hostilité.

Pour nous qui aimons tellement Notre Dame de la Salette, il semble impossible de penser que quelqu'un puisse être hostile à l'Apparition. Mais il faut reconnaître que certains éléments du message et de l'histoire de la Salette peuvent troubler, tant les gens ordinaires que les théologiens.

Maximin et Mélanie ont dû faire face à l'opposition, mais ils ont reçu la grâce suffisante pour accomplir leur mission en leur temps et en leur endroit. Malgré l'éducation qu'ils ont reçue, ils demeurèrent fondamentalement les personnes simples qu'ils avaient été. Comme Jésus dans l'Évangile, on les blâmait pour ce qu'ils étaient.

Mais nous pouvons donc mettre notre fierté dans leurs faiblesses. Considérez tout ce qui est advenu grâce à eux. Sans aucun doute, la Belle Dame les a accompagnés. Pouvons-nous douter qu'elle nous accompagne aussi bien ?

La conversion est un élément douloureux mais essentiel du message que nous tâchons de faire connaître. Mais moyennant la grâce suffisante de Dieu, puissent les peuples reconnaître qu'il y a eu un prophète parmi eux, en notre temps et en notre endroit.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Dans la foule

(13e dimanche ordinaire : Sagesse 1,13-15 et 2,23-24 ; 2 Co 8,7-15 ; Marc 5,21-43)

Imaginez-vous dans la foule qui suivait Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui. Vous enfoncez-vous le plus près possible de l'homme fameux ? Ou dites-vous, « Je dois m'éloigner d'ici ! » et allez en marge de la foule, où vous pouvez observer à une distance confortable ?

Tout dépend de votre confort dans les grands groupes, en vous sentant tassé de part et d'autre, avec des gens qui vous frôlent, comme dans la scène que décrit Marc. Mais attendez ! En tant que disciples du Seigneur, ne faut-il pas être ouverts à la possibilité que quelqu'un dans la foule nécessite quelque chose de nous ?

Se rendre inaccessible n'est pas la marque du disciple de Jésus. Au contraire, nous devons être attentifs aux besoins de ceux qui nous entourent et disposés à y répondre dans la mesure du possible. Parfois nous pouvons être enclins à porter un jugement sur ces besoins ; voilà qui n'est qu'une tentative de justifier notre attitude peu chrétienne.

Jésus nous donne le meilleur exemple, évidemment. Mais la Belle Dame de la Salette nous dit elle-même que nous ne pourrons jamais récompenser la peine qu’elle a prise pour nous comme elle le mérite. Et maintenant, elle vient, dans l'espoir de préserver son peuple. Son message peut se résumer par les paroles de Jésus à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ».

Si ces mots guidaient notre vie, nous pourrions sans doute entendre la voix de Jésus nous dire, comme à la femme qui l'a touché : « ta foi t’a sauvé » et, comme à la fille de Jaïre : « Je te le dis, lève-toi ! »

C'est peut-être cette expérience qui donne tant d'importance au sacrement de la réconciliation dans les sanctuaires de la Salette. Quand nous nous nous approchons de Jésus en la personne du prêtre, comme la femme de l'Évangile qui « lui dit toute la vérité », nous croyons qu'une force sort de lui, qui nous guérit et nous aide à partir en paix.

Cette expérience peut bien aussi nous toucher, de façon à nous préparer à bien vouloir être touchés par ceux qui ont besoin de réconciliation, de guérison, de conversion et de réconfort. Ainsi, nous participons au « don généreux de notre Seigneur Jésus Christ », dont parle saint Paul dans la seconde lecture.

Quelle belle façon d'imiter le Christ et notre Bienheureuse Mère ! Allons donc dans notre monde, avec la réponse du psaume d'aujourd'hui dans notre cœur : « Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé ». Amen ! Amen ! Amen !

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Tempêtes et foi

(12e dimanche ordinaire : Job 38, 1, 8-11 ; 2 Corinthiens 5, 14-17 ; Marc 4, 35-41)

Portant l'attention uniquement sur les paroles que Dieu adresse à Job dans la première lecture, on peut manquer un détail important : « Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête ». Dieu n'est pas seulement Maître de la tempête, il y est présent.

Job endurait des souffrances étonnantes et le réconfort peu judicieux offert par ses amis. Tout cela a provoqué une tempête en lui. Ce qu'il ne savait pas, c'est que Dieu était présent avec lui dans la tempête, le protégeant même alors qu'il permettait que Job soit éprouvé.

Dans le psaume, Dieu provoque la tempête, puis, en réponse à la prière, « réduisant la tempête au silence ». L'Évangile présente Jésus en plein sommeil pendant une rafale, tandis que l'eau remplit la barque. Les cris que les disciples lui poussent sont des plaintes plutôt que des prières : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Jésus à son tour les reproche : « N'avez-vous pas encore la foi ? »

L'apparition de Notre-Dame de la Salette soulève la même question. La panique face à la famine qui s'annonçait commençait à prendre des proportions de tempête dans les villes voisines et au-delà. Où était leur foi ? La Belle Dame est venue leur montrer qu'ils n'étaient pas abandonnés, et que ce qui leur était important l'était aussi pour Dieu.

Nous pouvons aussi bien implorer le Seigneur dans notre détresse (dans nos tempêtes), au moins avec la foi imparfaite des disciples. Le secours ne viendra peut-être pas comme nous l'imaginons et, comme Job, nous devrons peut-être endurer la tempête.

Considérons nos vies durant les temps troublés, les désaccords ou la perte. C'est alors que nous apprécions davantage ceux qui nous offrent du réconfort, du support et de l'aide. Nous reconnaissons alors nos véritables amis.

Il en est de même dans notre vie spirituelle, si la foi est présente et que nous croyons que le Christ nous accompagne, prêt à calmer les mers et à commander aux vents de se taire. En effet, on pourrait se demander quelle serait notre foi en Dieu si nous n'avions jamais dû subir de tempêtes.

La seconde lecture ne semble pas coïncider avec les autres, mais « quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous », cela touche tous les aspects et moments de notre vie, qu'elle soit paisible ou orageuse, car « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle ».

La Salette proclame cette vérité aussi bien.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Humble courage

(11e dimanche ordinaire : Ezékiel 17, 22-24 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34)

Dans la première lecture, aujourd'hui, Dieu déclare : « Je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé ». Entendez-vous là l’écho d’un passage beaucoup plus familier ?

Il s’agit du Magnificat de Marie : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ».

L’idée clef des deux textes est l'humilité, qui est également essentielle au message de Notre Dame de la Salette. La Belle Dame voyait que son peuple était abaissé. Mais au lieu de s'humilier, ils se révoltaient. Loin d'eux l'attitude exprimée dans le psaume d'aujourd'hui : « Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité, au long des nuits ».

Rappelez-vous le début du Magnificat. « Mon âme exalte le Seigneur ». Cela n'est pas si facile. Entre amis aux vues similaires, si, nous pouvons proclamer la bonté et la majesté de Dieu. Mais il en est tout autrement dans le monde quotidien. Il faut du courage.

Par deux fois dans la seconde lecture, st Paul affirme que « nous gardons toujours confiance » parce que « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision ». En d'autres termes, nous confions notre vie aux mains de Dieu, et nous lui faisons confiance qu’il accomplira son œuvre en nous et par notre moyen, aussi mystérieusement qu'il fait germiner les semences et croître les plantes. C’est l’image que Jésus utilise dans l'Évangile d’aujourd’hui pour décrire le Royaume de Dieu, auquel tous nous appartenons.

Cependant, il n’est pas toujours facile de reconnaître notre rôle particulier, car nous ne sommes pas toujours attentifs aux suggestions subtiles de l'Esprit en nous. Voici quelques questions qui pourraient faciliter notre discernement. Quel est votre saint favori ? Quelle est votre prière préférée, quel hymne, quel passage des écritures saintes ?

Et pour nous salettins, plus particulièrement : quelle est l’aspect de l'histoire de la Salette que vous préférez ? Quelles paroles du message vous émeuvent le plus ?

Les réponses à ces questions pourront nous aider à discerner le service que le Seigneur veut de nous. Dire oui à cet appel pourrait demander du courage ; il demandera surtout de l'humilité.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

« Mon sang, le sang de l’Alliance »

(Fête-Dieu : Exode 24, 3-8 ; Hébreux 9, 11-15 ; Marc 14, 12-16, 22-26)

Moïse dit, dans la lecture de l'Exode : « Voici le sang de l'Alliance que le Seigneur a conclue avec vous ». Cela ressemble beaucoup aux paroles de Jésus dans l'Évangile : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ».

Le premier est le sang des animaux sacrifiés en faveur du peuple élu. Le second est le sang du Christ, « mon sang », répandu pour la multitude, c'est-à-dire pour tous ceux qui participeront à son Alliance.

Une alliance se conclut entre deux individus, ou plusieurs. Chacun a des attentes raisonnables de l'autre, chacun entend respecter les articles convenus. Remarquez que Moïse, avant d'asperger les Hébreux avec le sang de l'alliance, reçoit leur déclaration : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons ». Ils ont souvent failli, mais le Seigneur les a toujours repris.

Après la Nouvelle Alliance, la même chose s'est passée. A la Salette, la Mère de Jésus se plaint : « L'été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche, tout l'été. L'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion ».

Vu la centralité de l'Eucharistie en tant que « source et sommet de la vie ecclésiale », cette critique est bien sévère, et à juste titre. Depuis plusieurs années, dans nombre de communautés chrétiennes, la fréquentation de l'église est en déclin. Des recherches indiquent un pourcentage étonnant de catholiques qui ne croient pas à la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. (Cela, peut-être, parce qu'ils ne savent pas l'expliquer).

C'est ce qui arrive quand on oublie que l'Alliance dans le sang du Christ est, avant tout, un rapport. Le psaume d'aujourd'hui le dit en ces termes : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur ».

Si seulement l'on pouvait demeurer constamment conscient de la bonté de Dieu à notre égard ! On serait alors moins enclin à la prendre pour acquise, ou même à négliger le don de l'Eucharistie, le "signe efficace" (c'est-à-dire le sacrement) du sang précieux du Christ versé pour nous.

À la messe, nous faisons écho aux paroles du psalmiste : « Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ». Voilà bien encore une façon de faire connaître le message de Marie.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Avez-vous remarqué ?

(Dimanche de la Sainte Trinité : Deutéronome 4,32-40 ; Romains 8, 14-17; Matthieu 28,16-2)

Combien de fois avez-vous pensé à la Sainte Trinité la semaine dernière ? Supposons que vous ayez assisté à la messe dominicale, récité le rosaire trois fois, et prié une fois l'office du matin ou du soir du bréviaire.

Cela donne un minimum de vingt-cinq fois où vous avez entendu, lu ou récité les noms du Père, du Fils et du Saint Esprit ensemble. Mais la question se pose : y avez-vous pensé ? Y Prêtiez-vous attention ou, pour citer une phrase salettine, faisiez-vous bien votre prière ? Est-ce que votre prière rendait un vrai hommage à la Très Sainte Trinité ?

Est-ce peut-être à cause de notre tendance à la distraction que l'Église nous offre chaque année une solennité par laquelle nous pouvons consciemment vénérer Dieu dans toute sa gloire et sa magnificence trinitaire ?

La révélation du mystère intime de Dieu a pris des siècles. D'abord vint la création. « Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint », comme le proclame le Responsorial. Ayant choisi un peuple, il le libéra de l'esclavage, comme le rappelle Moïse dans la première lecture. Enfin, il envoya son Fils, qui nous a envoyé l'Esprit.

Sans faire référence à un langage trinitaire, le message de Notre-Dame de la Salette fait penser au Père qui a délivré son peuple mais dont les commandements étaient mis de côté. Le crucifix de la Vierge montre le Fils qui a racheté et réconcilié son peuple ; maintenant ce peuple lui refusait le respect et la vénération qui lui étaient dus. Par ses larmes, Marie semble dire, « Comment avez-vous pu oublier ? »

L'Esprit pourrait-il être la source de la lumière qui l'entourait, ou l'inspiration de ses paroles ? Quoi qu'il en soit, le Père, le Fils et l'Esprit se voient reflétés dans sa tendresse et sa beauté.

On pourrait presque voir une autre dimension trinitaire dans cette apparition. La Salette est une et elle est trois. C'est un événement unique, mais ses trois phases présentent trois tableaux distincts : Celle qui pleure, la Conversation et l'Assomption.

Dans la deuxième lecture, st Paul nous dit que nous avons reçu « un Esprit qui fait de vous des fils », et que nous sommes « héritiers avec le Christ ». Prenons donc conscience de ce que nous disons lorsque nous prions : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient !” (Acclamation de l'Évangile)

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

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