Leur histoire, notre histoire

(Epiphanie : Isaïe 60, 1-6 ; Ephésiens 3, 2-6 ; Matthieu 2, 1-12)

Le conte des Rois Mages est l'un des récits les plus familiers de l'Evangile. Il ne cesse jamais de nous charmer, mais il nous invite aussi à la réflexion personnelle.

En regardant dans le passé, vous rappelez-vous qui ou quoi était pour vous l’étoile de Bethléem, vous conduisant à Jésus ? De nombreux chrétiens de renommé ont décrit les circonstances de leur conversion. Ils évoquent tous une expérience clef ou une rencontre spéciale. Participez à cette conversation. Demandez-vous : Qui, quoi, quand, où, comment ?

Pendant leur séjour à Jérusalem, les Rois Mages ont perdu de vue l'étoile et ont dû demander le chemin à des biblistes. Par la suite, « l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait... Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ». Essayez de revivre l'expérience de votre joie d’avoir mis votre foi en Christ Jésus.

Notre joie s’augmenterait davantage si tous ceux qui nous entourent pouvaient la partager. Il est difficile pour nous de comprendre pourquoi certaines de ceux que nous aimons n'ont jamais fait l’expérience d’une foi profonde. Dans notre contexte salettin, voilà où nous éprouvons le plus grand défi de « faire passer le message ».

Les Mages, tombant aux pieds de l’enfant, se prosternèrent devant lui en hommage. Pour nous, ce geste pourrait représenter un sentiment initial de culpabilité pour nos péchés du passé, ou de gratitude pour des bienfaits que nous considérions comme acquis, ou encore d'émerveillement : « pourquoi moi ? »

« Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». Quels trésors avez-vous apportés, quels cadeaux avez-vous offerts ?

Pour répondre à cette question, considérez la prière que l’on trouve dans l'offertoire de la messe : « Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain ».

St Paul écrit aux Ephésiens à propos de « la grâce que Dieu m’a donnée pour vous ». Nous sommes les intendants, et non les propriétaires, de nos capacités ; elles nous ont été fournis en vue du service.

Le Seigneur nous aidera à discerner lequel de nos talents accomplira le mieux sa volonté. Est-ce possible de penser que notre charisme salettin n’en fasse pas partie ?

Il nous accordera aussi le désir, peut-être même le besoin, de servir son peuple par l'action et la prière.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Là où la foi nous mène

(Sainte Famille : Genèse 15, 1-6 et 21,1-3 ; Hébreux 11, 8-19 ; Luc 2, 22-40)

La foi est mentionnée vingt-quatre fois dans le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux, presque toujours avec la phrase « grâce à la foi ». Les lectures d'aujourd'hui soulignent la foi d'Abraham et de Sarah, et la divine promesse d'une famille et de descendants aussi nombreux que les étoiles.

La première lecture dit, « Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste ». Ce fut Dieu qui attribua un certain pouvoir à la foi d'Abram, et cela devint la base sur laquelle s’établit l'alliance qui s’ensuivit.

Ce pouvoir agit dans deux directions. Dieu accepte notre foi et répond à nos prières, comme nous le constatons dans l’exemple splendide de Syméon et d'Anne dans l'Évangile d'aujourd'hui. Mais en même temps, nous voyons la transformation opérée par la foi dans leur vie ; Anne « ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière », tandis que Syméon vivait pour le jour où la promesse du Seigneur à son sujet serait accomplie.

La foi partagée fonctionne de la même façon dans les groupes, les familles, les communautés, et dans l'Église. Lorsque la foi de certains de ses membres est perdue, le groupe s’en ressent. Une certaine Belle Dame a observé cela de sa place dans les cieux, et s’est décidée d'intervenir. Ses paroles ressemblent de près aux paroles de Dieu à Abram dans la Genèse : « Ne crains pas ! Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande ».

La foi redécouverte a le même pouvoir qu’une foi jamais perdue. Le père de Maximin en est un bon exemple. Au moment où il commença à croire à l'Apparition, il retrouva sa foi chrétienne et retourna aux sacrements qu'il avait abandonnés depuis longtemps, et avec une ferveur plus grande qu’auparavant.

Il ne serait pas surprenant que de nombreux Laïcs salettins aient vécu une expérience semblable. Mais pourquoi limiter cela aux laïcs ? Nous pouvons certainement inclure les religieuses et les religieux.

La foi nous impose des exigences et peut parfois nous sembler un fardeau, surtout en vue de notre faiblesse et de nos doutes. Mais, comme Abraham et Sarah, Syméon, Anne, sans parler de Marie et Joseph, nous pourrons aller là où la foi nous emmènera.

Nous prions pour que l'histoire de votre vie et de la nôtre soit souvent entrecoupée des paroles, « grâce à la foi ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Moi ?

(4e dimanche de l'Avent : 2 Samuel 7, 1-16 ; Romains 16, 25-27 ; Luc 1, 26-38)

Au moment où ils ont vu la lumière à l'endroit où ils avaient mangé leur déjeuner de pain et de fromage, Maximin dit à Mélanie de garder son bâton en cas de danger. Ils étaient terrifiés.

La Belle Dame a compris leur peur. Elle aussi avait été « toute bouleversée » à la visite de l'ange. Elle a fait donc pour les enfants ce que l'ange avait fait pour elle, en disant, « N'ayez pas peur », et en expliquant la raison de sa visite. 

Imaginez votre réaction dans une situation semblable ! Vous penseriez peut-être : « Comment ? Qui ? Moi ? Pas possible ! 

Mais considérer les patriarches, les prophètes et les apôtres. Certains se sentirent indignes de leur appel, ou peu prêts, voire effrayés ; mais pas un d’eux n'a douté de l’authenticité de l’expérience. Même si certains ont failli en cours de route, tous demeurèrent fidèles jusqu’au bout, sauf un.

Considérez le roi David. Dans la première lecture, comme en plusieurs autres endroits, Dieu l'appelle « mon serviteur David ». Pourtant, David, comme vous le savez, avait de sérieuses faiblesses et a commis des péchés graves. Il n’est donc pas nécessaire d’être absolument parfait pour pouvoir servir le Seigneur

Le psaume d'aujourd'hui décrit ainsi la promesse faite à David : « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges ». L'ange de l'Évangile déclare que cette parole s'accomplit en Jésus : « Son règne n’aura pas de fin ».

En reformulant la prière d'ouverture d'aujourd'hui, nous reconnaissons que Dieu a répandu la grâce de la réconciliation dans le cœur de ceux qui ont répondu à l'invitation de Notre Dame de la Salette à « avancer ». Elle nous appelle à avoir des cœurs qui sont tout entier au Seigneur, comme l'Écriture dit au sujet de David (1 Rois 11, 4). Voilà notre participation à d'alliance.

Alors nous serons prêts à entreprendre la tâche divine que Dieu nous a confiée, même s'il connaît nos fautes mieux que nous ne les connaissons.

Marie nous a donné l'exemple. Son oui a changé le monde. Nous pouvons lui dire, à elle, notre oui, en agissant selon sa parole dans l’espoir de faire une différence. Qui ? Vous !

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Toujours dans la joie

(3e dimanche de l'Avent : Isaïe 61, 1-11 ; 1 Thessaloniciens 5, 16-24 ; Jean 1, 6-28)

Nous connaissons tous des gens sans joie. Certains sont simplement d'humeur sombre, d'autres s’inquiètent du futur, ou sont en deuil d'une perte, récente ou ancienne. Dans ces situations et d'autres qui les ressemblent, il est difficile de vivre l'exhortation de st Paul : « Soyez toujours dans la joie ».

La Vierge en pleurs de la Salette se lamente sur les souffrances et les dangers de son peuple, et même se plaint d'être chargée de prier sans cesse pour nous. Son Apparition pourrait bien paraître en événement triste, si ce n’était qu’elle avait dit au commencement : « Je suis ici pour vous conter une grande nouvelle ». Ces paroles sont semblables à celles d'Isaïe : « Le Seigneur m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles ».

Marie est apparue au creux d'un ravin, mais après sa conversation avec les enfants, elle monta à un endroit plus élevé, et passa hors de leur portée avant de disparaître de leur vue. C'était un mouvement, du chagrin à la gloire.

La Salette est un lieu de joie. Cela est vrai non seulement de la montagne que la Belle Dame a choisie, mais encore de chaque sanctuaire salettin. Plusieurs y viennent tristes, oui ; mais la plupart d’entre eux repartent avec un sentiment comme celui de Marie, « mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur », qui, à son tour, fait écho à Isaïe : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu ».

Il s'agit d'une joie profonde intérieure, d'une paix calme, qui n’équivaut pas à la jovialité. Cette joie ne dissipe pas les craintes, elle ne sèche pas les larmes, elle ne change pas notre personnalité. Il est parfois difficile de la décrire, mais on ne peut pas la nier.

Voici comment Jean-Baptiste apparaît dans l'Évangile d'aujourd'hui : « Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui ». 

Et voici un défi pour vous. Changez le texte comme suit : « Une personne nommée [vous] a été envoyée par Dieu, pour témoigner de la lumière ». Est-ce une pensée joyeuse ?

Nous avons des raisons de croire que le Baptiste se plaisait dans son ministère, car lorsqu'il apprit que tout le monde allait maintenant vers Jésus, il répondit : « Telle est ma joie : elle est parfaite » (Jean 3, 29).

Le verset qui précède le texte de l'Évangile d'aujourd'hui nous dit : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». Cela devrait se dire pareillement de notre joie. Que rien ne l’éteigne.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La justice réconfortante

(2e dimanche de l'Avent : Isaïe 40, 1-11 ; 2 Pierre 3, 8-14 ; Marc 1, 1-8)

Il y a quatre mois, nous avions le même Psaume responsorial (84) qu'aujourd'hui, et nous avons commenté les mots « justice et paix s'embrassent », en tant qu’opposés. Dans le contexte des lectures d'aujourd'hui, cependant, la perspective diffère.

Dans les langues modernes, la justice est un terme juridique. Dans les nouvelles, on parle de personnes ou de groupes qui réclament la justice. Mais dans la bible, elle est surtout théologique. Comme la paix, elle est un don de Dieu à son peuple fidèle.

Isaïe prononce des paroles merveilleuses de réconfort, prédisant la fin de l'exil par lequel Dieu avait puni l'iniquité de son peuple. Saint Pierre rappelle la promesse de Dieu : « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ». On pourrait traduire ce dernier mot par « droiture ». De toute façon, il s’agit de l'état de ceux qui agissent tel qu'ils le doivent.

En ce sens, Jean-Baptiste était juste, car il était fidèle à sa vocation. Marie aussi était juste quand, à l'annonciation, elle a reconnu et accepté son rôle de servante du Seigneur. Tous deux, dans leur humble service, étaient comme ils devaient l'être.

Lorsqu’on considère le message de Marie à la Salette, la tendance serait d’associer la justice au « bras de mon Fils ». Mais une fois que nous admettons notre état de pécheurs et que nous faisons la soumission qu'elle nous demande, nous pourrons entendre la parole réconfortante de sa tendresse.

Nous mentionnons souvent le crucifix qui se trouve sur la poitrine de la Vierge. Il en est de même aujourd’hui. Voyez comment il reflète les paroles d'Isaïe comme si elles s’adressaient à la Belle Dame : « Monte sur une haute montagne, élève la voix, ne crains pas. Dis : Voici votre Dieu ! »

Comme le dit Saint Pierre, « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion ».

Ce sont certainement des paroles réconfortantes. Ce qu'il ajoute un peu après est plus difficile : « Vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété ».

Que notre vie serait belle si, quelque indignes que nous soyons, nous pouvions toujours donner du réconfort, parler avec tendresse et proclamer le pardon du péché, avec bonté, vérité, justice et paix. Voilà encore une façon de faire passer le message de la Salette.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La faveur de Dieu renouvelée

(1er dimanche de l’Avent : Isaïe 63, 16–64, 7 ; 1 Corinthiens 1, 3-9 ; Marc 13, 33-37)

Les prophètes prennent plaisir à dire à Dieu ce qu’il sait déjà. La première lecture d'aujourd'hui commence de cette façon : « C’est toi, Seigneur, notre père. Notre-rédempteur-depuis-toujours, tel est ton nom ». Isaïe poursuit en rappelant les prodiges terrifiants de Dieu en faveur de son peuple.

Il dit en effet : « Seigneur, tu as déjà fait cela auparavant. Fais-le de nouveau ! »

Plutôt que de forcer Israël à revenir vers lui, Dieu avait permis à son peuple de s'écarter de ses chemins et d'en souffrir les conséquences. C’était bien la circonstance de la visite de Marie à la Salette.

Isaïe ajoute : « Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins ». Il sait bien que cela ne décrit pas l'attitude et la conduite de son peuple ; car il ajoute : « Personne n’invoque plus ton nom ».

La Belle Dame nous dit qu'elle prie sans cesse son Fils pour nous. Elle inclut certainement dans cette prière un rappel de ce que lui a fait pour nous. Puis, s'adressant aux deux enfants, elle reconnaît l'infidélité de son peuple, et le crucifix qu'elle porte sert à rappeler la rédemption accomplie par son Fils, fondement de notre espoir.

Dans la prière d'ouverture de la messe d'aujourd'hui, nous demandons à Dieu de nous accorder « d'aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur ». Nous devons bien comprendre le sens de cela. Ce n'est pas que l’on espère gagner le salut par les actes. Plutôt il s’agit d’offrir à Celui qui nous a déjà sauvés ce que lui-même nous dit lui plaira.

Peut-être à un moment clef de votre vie avez-vous embrassé votre foi d'une façon vraiment personnelle. Votre vie a changé de certaines manières, et vous avez pris la résolution de vivre votre vie chrétienne le plus pleinement possible.

L'Avent est un temps parfait pour prier pour que Dieu renouvelle envers nous sa faveur, comme nous le faisons dans le psaume responsorial d'aujourd'hui : « Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés ! »

Nous pourrons peut-être entendre sa réponse dans nos cœurs : « Mon enfant, tourne-toi vers moi ; laisse-moi voir ton visage et tu seras sauvé. » Peut-être nous rappellera-t-il notre dévotion d’autrefois et nous dira-t-il : "Tu l'as déjà fait une fois, fais-le encore ! »

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S

Œuvres de miséricorde

(Christ Roi : Ezéchiel 34, 11-17 ; 1 Corinthiens 14, 20-28 ; Matthieu 25, 31-46)

Depuis trois semaines maintenant, l’Evangile porte l’attention sur le moment du jugement, en utilisant une norme différente dans chaque cas. Il y a deux semaines, il s’agissait de l’état d’attente pour le retour du Christ ; la semaine dernière, on signalait l’importance de l’esprit d’initiative dans son service ; aujourd'hui, ce sont les œuvres de miséricorde.

Un roi sur son trône est au sommet de la hiérarchie sociale. Mais le Christ notre roi s'identifie avec « ces plus petits », les gens en marge de la société. Qui veut servir le Christ doit tendre la main à ceux-ci.

L'Église enseigne que, tout en nourrissant les affamés, l’on doit travailler à éliminer les causes de la faim. Ce principe est en jeu pour toute œuvre de miséricorde que nous pouvons imaginer, soit corporelle ou spirituelle. Cela suppose souvent le courage d’énoncer des vérités difficiles à entendre.

A la Salette Marie, consciente de son état d’humble servante, s'identifie à « ces plus petits » par le son choix de témoins. Elle propose un remède contre les causes spirituelles des souffrances corporelles de son peuple, en dévoilant la vérité au sujet de leur peu de foi et de respect pour son Fils, le Christ Roi.

La réconciliation cherche à restaurer la paix ; voilà est une pensée qui attire et réconforte. Mais le travail de réconciliation, comme le montre la Belle Dame, n'est pas facile. Il exige une douce fermeté. Cela peut être un défi. 

Dans le rite baptismal, l'onction avec le saint-chrême nous unit symboliquement au Christ en tant que Prêtre, Prophète et Roi. Cela signifie notre participation à son rôle de guider, conduire et protéger son troupeau, de prendre soin de son peuple. Comment on accomplit cela dépend de plusieurs facteurs, y inclus notre personnalité, nos talents et nos valeurs les plus profondes.

Pour le moins, la majorité d'entre nous peut conduire par l'exemple—en disant la vérité et en agissant justement—de façon à inciter les autres à faire de même. 

En même temps, l’attention ne porte pas sur nous-mêmes. Quelle que soit la manière de nos œuvres de miséricorde, elles ne sont jamais une performance. Jésus est au centre, et au début, et à la fin. Si nous pouvons servir de canal de sa vérité et de son amour, nous ne devrons jamais craindre le jugement à venir.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La femme parfaite, la foi parfaite

(33e dimanche ordinaire : Proverbes 31, 10-31 ; 1 Thessaloniciens 5, 1-6 ; Matthieu 25, 14-30)

Le poème qui loue la femme parfaite, huit versets dans le Lectionnaire, en contient en fait vingt-deux dans la bible. Ils louent surtout des accomplissements.

Mais un verset ressort des autres. Plutôt que de se concentrer sur ce qu'elle accomplit, il décrit ce qu’elle est : « Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange ». Ici, comme en plusieurs endroits du Livre des Proverbes, nous trouvons le fondement d'une vie digne, sur lequel tout le reste se construit.

Le fondement de notre identité chrétienne, c’est le don de la foi. Quand celle-ci est faible, elle ne peut pas supporter les autres dons spirituels que Dieu veut nous donner.

St Paul nous dit : « Nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres ». Mais parfois nous y sommes. Notre Dame de Salette, apparaissant dans la lumière, vient nous aider à marcher sur le chemin du Seigneur. Elle est un flambeau d’espoir infaillible ; sur son sein elle porte l'image de l'Amour parfait.

Dans son discours, elle parle de la foi, en particulier de notre rapport avec Dieu ; mais elle n’oublie pas le souci du bien-être des autres, comme elle le montre par ses larmes.

Un jour, les Apôtres ont demandé à Jésus d’augmenter en eux la foi (Luc 17, 5). Il serait bon, de temps en temps, pour nous de faire la même prière, pour nous-mêmes, nos familles et nos amis. Alors nous pourrons croître dans l'espérance et surtout dans l'amour—le plus grand des dons éternels—en devenant plus charitables et plus remplis d’amour, récoltant ce que Dieu a semé en nous.

Ou, selon l'image de la parabole d'aujourd'hui, nous recevrons le pouvoir d’être des serviteurs bons et fidèles, même pour peu de choses. Chacun, selon sa capacité, et en coopérant avec la grâce divine, pourra réaliser des bénéfices des talents qui lui sont confiés, et rendre un digne profit au Maître lors de son retour.

Des questions se présentent : Qui suis-je en tant que croyant, et comment est-ce que je puis être au service du Seigneur ? Les réponses peuvent varier, mais elles ont toutes le même fondement : la foi, l'espérance, l'amour, et une joie qui demeure.

La prière d’ouverture d'aujourd'hui exprime cette pensée ainsi : « C'est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Choisissez la sagesse

(32e Dimanche ordinaire : Sagesse 6, 12-16 ; 1 Thessaloniciens 4, 13-18 ; Matthieu 25, 1-13)

La parabole des jeunes filles insouciantes et prévoyantes est une mise en garde. Ayant failli d’accueillir l’époux à son arrivée, les insouciantes ne seront pas admises à la salle des noces. Le manque de sagesse leur a coûté cher.

Jésus avertit ses disciples d’agir comme les jeunes prévoyantes, non seulement en anticipant son retour, mais aussi en faisant ce qu'il faut pour s'y préparer.

Dans la Bible, la sagesse exprime plusieurs idées, telles que les compétences pratiques, la perspicacité, les pensées profondes et, comme dans la parabole, la prudence. Elle comprend aussi l'étude des saintes Écritures, afin de savoir profiter des connaissances obtenues, en vue de distinguer le bien du mal, conformément à la volonté de Dieu.

Ainsi, nous lisons aujourd'hui dans le psaume 62 : « Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler ». Dans un autre psaume (118), nous trouvons le fameux verset : « Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route ».

Mais la sagesse ne se trouve pas à moins d’être désirée. C'est pourquoi, en 1846, une Belle Dame est apparue à deux enfants ignorants dans les Alpes françaises, dans un globe de lumière. Elle avait l’intention que ses paroles soient une lumière pour les pas et une lampe pour la route de son peuple.

Par sa beauté et sa douceur, elle nous attire, comme Mélanie et Maximin, dans sa lumière ou, plus précisément, dans la lumière de son Fils crucifié. Comme st Paul, et sage Vierge qu'elle est, elle ne veut pas nous laisser dans l’ignorance de certaines choses. Elle illumine donc le chemin entre Jésus et son peuple, et montre la distance que le péché crée entre lui et nous. 

Enfin, par sa compassion, elle nous conduit à espérer la sagesse qui accompagne le repentir, aussi bien que les bienfaits promis à ceux qui retournent au Seigneur.

Marie parle de la prière, du jour du Seigneur, de la messe et du carême. Tout cela, ainsi que notre engagement personnel et notre dévotion, ressemble à l'huile de la parabole, symbole du renouvellement constant de notre vie dans le Christ.

Que notre lampe demeure toujours allumée alors que nous prions avec le Psalmiste : « Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire... je crie de joie à l’ombre de tes ailes ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Quel amour !

(Toussaint : Apocalypse 7, 2-4, 9-14 ; 1 Jean 3, 13 ; Matthieu 5, 1-12)

Deux thèmes reviennent plus d’une fois dans les textes d'aujourd'hui : le comptage et la pureté.

Dans l'Apocalypse, nous voyons deux groupes parmi les élus : cent quarante-quatre mille des tribus d'Israël, et en plus une multitude que personne ne peut compter. Dans 1 Jean, nous sommes inclus (comptés) parmi les enfants de Dieu. Et il y a une liste dans l'Évangile énumérant plusieurs béatitudes—une espèce de manuel pour le disciple.

L'une d’elles se lit : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Jean écrit : « Quiconque met en Dieu une telle espérance se rend pur ». Et dans la première lecture, les multitudes innombrables « ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau ».

Le Psaume réunit les deux thèmes ainsi : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles ».

Nous désirons être comptés parmi les « serviteurs de notre Dieu », comme les nomme l'Apocalypse. Pour être vraiment fidèles à son service, nous devons avoir le cœur pur.

Cette notion fait penser à l'or pur ; toutes les imperfections ont été enlevées. En termes de morale, cela se réfère à l'intégrité de la vie chrétienne, à la plénitude de l'amour chrétien.

Dans le contexte salettin, nous servant des paroles de st Jean, nous pourrions dire : Voyez quel grand amour nous a donné la Belle Dame. Elle nous appelle ses enfants, son peuple. En portant l'image brillante de son Fils sur sa poitrine, elle nous montre la miséricorde infinie de Dieu. Comme toutes les lectures d'aujourd'hui, elle offre un espoir lumineux, qui dépend cependant d’une condition essentielle : la soumission, qu'elle appelle aussi la conversion.

Cela ne doit pas nous décourager ni, pire, amener aux scrupules. Quand même, cela appelle à un sérieux engagement envers la personne de Jésus Christ et la pratique de notre foi, à l’humble soumission à l'enseignement de l'Église et à un honnête examen de conscience.

St Jean nous dit que nous verrons Dieu tel qu'il est. Prions pour que, avec un cœur doux et humble, nous puissions avoir l'espoir sûr d'être comptés parmi ceux qui cherchent le visage plein d’amour de Dieu.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Page 9 sur 21
Aller au haut