Scellés, et revêtus

(Baptême du Seigneur : Isaïe 40, 1-11 ; Tite 2, 11-14 et 3, 4-7 ; Luc 3, 15-22)

« Un seul baptême pour le pardon des péchés ». Cette phrase vers la fin du Credo reflète la conclusion d'un débat dans l'Église primitive. On se demandait si les chrétiens baptisés par des hérétiques, devaient recevoir le baptême une seconde fois quand ils devenaient catholiques.

La réponse fut : non, à condition que le baptême soit fait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Car c'est au moyen d’un tel baptême que l'on devient chrétien. On se réfère à cela en parlant du sceau du baptême, indélébile et permanent.

Il n'est pas étonnant que l'Église considère ce sacrement comme fondamental, le premier des sacrements, nécessaire avant de recevoir tous les autres. De même que Jésus, au Jourdain, fut, pour ainsi dire, introduit et préparé à son ministère public, nous sommes admis dans l'Église par notre baptême et nous participons à la prêtrise du Christ.

La voix du ciel a dit : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Dans le rite du baptême, nous sommes vêtus d'un vêtement blanc, signe de notre dignité chrétienne, et nous sommes encouragés à vivre en conséquence.

Marie est venue du ciel, où elle vit dans la lumière de Dieu, qui est « revêtu de magnificence, il a pour manteau la lumière », comme nous le lisons dans le psaume. Sur les hauteurs de la montagne, elle pleura sur les profondeurs spirituelles où son peuple était tombé. Le vêtement baptismal de son peuple était taché, et le sceau chrétien était à peine reconnaissable.

Comme le prophète, elle parla tendrement. De ses propres paroles, elle nous appela à préparer ou, encore mieux, à réparer le chemin du Seigneur, dans notre cœur et dans notre façon de vivre.

Dans la seconde lecture, st Paul donne une description magnifique du baptême, quand il écrit que Dieu « nous a fait renaître par le bain du baptême et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle ».

Au cœur du message de la Salette et de notre ministère de réconciliation se trouve l’espérance. Pour la nourrir, n'oublions jamais et ne négligeons pas le don que nous avons reçu dans notre baptême.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Sur le chemin des Mages

(Épiphanie : Isaïe 60, 1-6 ; Éphésiens 3, 2-6 ; Matthieu 2, 1-12)

La meilleure définition de ce qu’est l'Épiphanie est celle-ci : « La manifestation du Christ aux païens, représentée par les mages ». En d'autres mots, leur histoire est la nôtre—en tant que chrétiens et en tant que salettins.

Les mages furent guidés par la lumière d'une étoile, vers celui que l’on nomme « Lumière de la Lumière, vrai Dieu du vrai Dieu ». A la Salette, Marie apparaît dans la lumière, mais elle n'est pas la lumière. Comme l'étoile, elle nous conduit à son Fils, elle nous le manifeste au moyen du crucifix brillant qu'elle porte.

Isaïe dit à Jérusalem : « Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi », tandis que d’autres peuples sont couverts de ténèbres et de nuées obscures. La Belle Dame parle précisément à un peuple de cette espèce, l'invitant à se tourner vers la lumière qu'est le Christ.

Nous sommes les mages d’aujourd’hui. Marie nous aide dans notre poursuite du Christ. Elle nous rappelle l'importance du culte dominical, de la prière quotidienne et de la discipline du Carême, afin de lui rendre hommage.

St Paul a demeuré dans les ténèbres jusqu'au jour de son épiphanie, sa rencontre avec Jésus sur la route de Damas. Dans sa lettre aux Éphésiens il écrit que cette révélation ne fut pas seulement pour lui, mais « pour vous ». Devenu lumière qui guide, il voulait le même pour la communauté chrétienne.

Le don de la foi que nous avons reçu nous est donné pour le bienfait des autres. Nous pouvons le partager par nos paroles, évidemment, mais surtout par notre exemple de foi, d'espérance et de charité. Le Christ, notre lumière, peut briller à travers nous, dissipant les ténèbres et guidant les autres vers lui.

Bien entendu, il n’est pas nécessaire que chacun de nous soit une étoile brillante, visible de loin. Les étoiles diffèrent en brillance et couleur. Les scientifiques affirment que cela est dû, entre autres, à la température de leur surface. L’intensité de notre foi varie de temps à autre.

N’oubliez pas que la flamme, même d'une petite bougie, dissipe les ténèbres, et que les ténèbres ne peuvent jamais l’éteindre. Une gentille et réconfortante lumière peut attirer aussi bien qu'un soleil brillant.

La Salette est une lumière destinée à être partagée au moyen de notre mission de réconciliation. Quelle épiphanie nous pouvons alors devenir !

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Toujours bienvenus

(Sainte Famille : Siracide 3, 2-6, 12-14 ; 1 Jean 3, 1-2, 21-24 ; Luc 2, 1-52)

A l'audience générale du 11 août 1976, le pape Paul VI s’adressa aux parents comme suit : « Mamans, enseignez-vous la prière chrétienne à vos enfants ? (...). Et vous, papas, priez-vous avec vos enfants ? » Cela nous fait penser à la question de Marie, à la Salette : « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? »

Il ne s’agit pas de paroles seulement pour bien prier. La prière produit des liens entre nous et Dieu ; et n'oublions pas qu'elle fortifie la transmission de la foi entre ceux qui prient ensemble. Elle est essentielle à la vie chrétienne de la famille, que saint Augustin et d'autres Pères de l'Église nomment « l'Église domestique ». Vatican II a relancé cette expression, et plusieurs documents de l'Église l'ont favorisée depuis. (Nous en citerons certains).

Chez les juifs, l’endroit principal pour le culte c’est la famille. Par son incarnation, le Fils de Dieu « a voulu naître et grandir au sein de la Sainte Famille ». Joseph et Marie lui ont enseigné à prier et à se sentir chez lui dans le Temple—n’ayant tout de même pas prévu la scène que décrit l'Évangile d'aujourd'hui !

Dans des documents récents les parents chrétiens sont présentés comme les premiers hérauts de la foi. Dans la bénédiction des parents qui conclut le rite du baptême, nous entendons : « Que Dieu bénisse le père de ce nouveau baptisé, afin que, par l'exemple et la parole, il soit lui-même, avec son épouse, le premier témoin de la foi pour son enfant ».

La Belle Dame continue à exercer ce rôle, nous appelant à vivre comme elle, Joseph et Jésus, en honorant Dieu et en obéissant à sa volonté.

Comme toute autre famille, l'Église domestique est « une école d'enrichissement humain », où nous apprenons les valeurs précieuses familiales. Mais il y plus encore. Les familles que vivent leur foi, en recevant les sacrements, en priant et en rendant grâce, en démontrant la sainteté de vie par leurs sacrifices et leur charité, peuvent être « des îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant ».

Le Psalmiste s'exclame : « De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur, Dieu de l’univers ! » Nous sommes toujours les bienvenus dans la demeure du Père. Et quand nous vivons en Eglise domestique, lui à son tour sera toujours le bienvenu chez nous.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Elisabeth, Marie et nous

(4e dimanche de l'Avent : Michée 5, 1-4 ; Hébreux 10, 5-10 ; Luc 1, 39-45)

Les premières lignes de la prophétie de Michée au sujet de Bethléem, dans la première lecture d'aujourd'hui, sont le plus connues comme le texte que les docteurs de Jérusalem ont cité aux Mages pour leur indiquer où chercher le Christ nouveau-né. Bethléem a joué un rôle majeur dans l'histoire du salut.

Mais le reste du texte est également important. En particulier, deux phrases ressortent : « celle qui doit enfanter », et « lui-même, il sera la paix ». Encore s’agit-il de Bethléem, mais dans l'Évangile d'aujourd'hui, ces phrases apparaissent, en quelque sorte, dans un village d’une région montagneuse, situé à huit kilomètres de Jérusalem.

Marie et Elisabeth peuvent toutes deux être identifiées comme « celle qui doit enfanter ». Quant à leurs enfants, Jésus « sera la paix », tandis que Jean sera, comme Michée, un prophète qui annoncera la venue du Seigneur.

Les paroles d'Elisabeth, « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni », furent incorporées (ainsi que la salutation de l'ange Gabriel) dans les formes primitives de l’Ave Maria. Nous pouvons imaginer ces scènes quand nous récitons cette prière.

La deuxième partie de l'Ave Maria peut se voir reflétée à la Salette, quand la Vierge nous dit qu'elle prie sans cesse pour nous—comme quand nous disons, « maintenant et à l'heure de notre mort ».

Sa prière est « pour nous, pauvres pécheurs », c.-à-d. pour notre pardon, afin que nous puissions nous préparer à rencontrer le Seigneur avec des cœurs purs et des âmes converties, commençant dès maintenant et jusqu'à l’heure de notre mort.

Nous nommons toujours Notre Dame de la Salette la Belle Dame, ou Celle qui pleure, mais aujourd'hui, considérons-la comme celle qui doit enfanter ou, comme le dit Elisabeth, « la mère de mon Seigneur ». Luc nous dit qu'Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint quand elle a entendu la salutation de Marie. Elle a reçu un don spirituel (charisme) qui la poussa à parler prophétiquement.

La salutation de Marie à la Salette a donné un esprit de paix, calmant la peur de Mélanie et de Maximin. Ses premières paroles les ont attirés vers elle, les préparant à entendre la grande nouvelle, et leur donnant le pouvoir de la faire passer.

Dans ce même esprit, empressons-nous avec enthousiasme vers Bethléem durant notre trajet de l'Avent, et invitons d'autres à nous accompagner pour rencontrer le Sauveur.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Mission de joie

(3e dimanche de l'Avent : Sophonie 3, 14-18 ; Philippiens 4, 4-7 ; Luc 3, 10-18)

Aujourd'hui nous célébrons le dimanche de Gaudete (réjouissez-vous). Pas surprenant, donc, d'entendre Sophonie proclamer à Jérusalem, et Paul aux Philippiens, de se réjouir. Les deux débordent d’enthousiasme !

Mais il y en a un d'autre se réjouit. Regardez la fin de la première lecture. « Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête ». Trouverons-nous une image de Dieu plus apte à faire bondir nos cœurs de joie ?

Sophonie en donne la raison : « Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi... Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur ».

Le jugement de Dieu était certainement juste ; son peuple mérita la punition. Mais la miséricorde a triomphé, et de nouveau, Dieu consentait à recommencer. Les larmes de la Belle Dame de la Salette, tombant sur le crucifix qui reposait sur son cœur, sont un signe de miséricorde, la façon dont Marie nous dit que le Seigneur, dont le jugement est juste, ne désire pas nous abandonner entièrement. Elle proclame à son peuple que Dieu veut être proche de nous, renouveler son amour pour nous et rétablir son alliance avec nous.

Le Seigneur Emmanuel est proche. Donc, « soyons toujours dans la joie du Seigneur », et l'expression de cette joie doit « bondir de nous » sur le monde qui nous entoure. Mais cela est plus facile à dire qu'à faire. Durant l'Avent, en particulier, certains souffrent de stress plus qu'à d'autres moments, provenant des nombreux préparatifs de Noël, ou encore dû à la solitude pénible qui, étrangement, s’intensifie parfois dans la saison.

Et, dans ce contexte, n’oublions pas Jean Baptiste. Les Évangiles ne le présente pas tellement joyeux, mais l'acclamation qui précède l’Evangile semble lui appliquer le texte d'Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ». Sa proclamation de joie prend la forme d'un appel à une conversion sincère, en vue de la promesse d'un autre qui viendra.

Que notre mission salettine ressemble plus à celle de Jean, ou à celle de Sophonie et de Paul, accomplissons-la avec autant de joie que possible.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

De la misère à la gloire

(2e dimanche de l'Avent : Baruch 5, 1-9 ; Philippiens 1, 4-6, 8-11l Luc 3, 1-6)

Le début du texte de Baruch, aujourd'hui, est merveilleux : « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours ». De fait, le texte entier déborde d'espoir et de consolation.

Dépendant de nos situations, nous pourrions remplacer Jérusalem par notre propre nom, ou notre famille ou un autre groupe. Dans toute vie Il vient des moments où nous devons rejeter la robe de la misère. Dieu désire la joie pour nous.

St Paul écrit aux Philippiens : « A tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais... Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important ».

Jean-Baptiste se présente dans l'Évangile, « en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés ». Marie est venue à la Salette en pleurs, mais elle aussi apportait de l'espoir et laissa un message de réconciliation. Dans les paroles du psaume, elle voulait « ramener les captifs, comme les torrents au désert ».

En plus, considérez combien de paroles du psaume d'aujourd'hui peuvent facilement s’associer au message de la Belle Dame : larmes, semence, récolte, etc.

L’on pourrait en dire de même de la première lecture. Marie se présente en attitude de deuil aussi bien que dans la splendeur de la gloire. Elle se tient sur les hauteurs, son regard sur ses enfants—les deux innocents près d’elle, aussi bien que son peuple égaré qu'elle désire rassembler « à la lumière de gloire de Dieu, avec sa miséricorde et sa justice ».

De la même façon, en tant que réconciliateurs, nous devons aussi prendre place sur les hauteurs. Comme nous dit Jésus dans le Sermon de la montagne, « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée... De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Matthieu 5, 14, 16).

Puissions-nous tous être revêtus de justice et de miséricorde, portant sur nos têtes « le diadème de la gloire de l’Éternel ». De cette façon nous pouvons espérer attirer d’autres au Christ et, selon la parole de saint Paul, les aider à « discerner ce qui est important ».

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Enseigne-moi tes voies

(1er dimanche de l'Avent : Jérémie 33, 14-16 ; 1 Thessaloniciens 3, 12-4, 2 ; Luc 21, 25-36)

Nous commençons, aujourd'hui, l'année C du cycle liturgique de trois ans. Nous y avons déjà passé, et nous verrons du familier. Quand même, c'est une nouvelle année, un nouveau chemin, car nous avons changé, ainsi que le monde qui nous entoure.

Tout voyage a un point de départ et une destination finale. Faisons nôtres les paroles du Psaume d'aujourd'hui : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi ». Nous ne voulons pas nous égarer.

Nous ferons plusieurs arrêts lors de notre voyage : d’abord à Bethléem, où nous célébrerons la venue du Messie promis.

Dans la première lecture nous entendons : « Voici venir des jours où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël... Je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice ». Celui qui doit venir enseignera par la parole et par l'exemple.

À la Salette, la Mère en pleurs est apparue à deux enfants pour livrer un message d'espoir, à savoir que les promesses seraient réalisées. Elle offrait des conseils à un peuple qui ne faisait pas ce qui était juste et bon. Il poursuivait une voie qui ne conduisait pas vers Dieu mais s'en éloignait.

Marie demande de nous la fidélité dans la prière. Nous devons vouloir prier dignement, c'est-à-dire du cœur, en demandant toujours à Dieu de diriger nos pas dans la voie qui mène à lui.

La seconde lecture est tirée de la Première lettre de Paul aux Thessaloniciens, qui abonde en instruction en vue de maintenir la jeune communauté chrétienne sur le bon chemin. Ici, dans le contexte du retour du Christ, nous lisons : « Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant ». Cela nous rappelle que nous sommes liés à d’autres qui se trouvent dans la même voie.

Jésus nous dit d'être vigilants. « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie ». Nous ne devons pas dévier de la voie qu'il nous enseigne et où il nous guide.

La grande part des lectures de l'Évangile pour l'année C seront tirées de l'Évangile de Luc. Permettons-lui d'être notre guide, nous conduisant sur un chemin vers Dieu, source de notre bien et de notre espoir.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Roi pour Toujours

(Le Christ Roi : Daniel 7, 13-14 ; Apocalypse 1, 5-8 ; Jean 18, 33-37)

Alpha est la première lettre de l’alphabet grec, Oméga la dernière. Dans le Nouveau testament (en grec), ces lettres se trouvent seulement dans l’Apocalypse, toujours ensemble, prononcées par Jésus qui dit, « Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga ».

Dans chaque cas, elles s’accompagnent d’une phrase semblable à celle que l’on voit dans la deuxième lecture : « Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers ». Ailleurs dans l’Apocalypse, Jésus est nommé Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Toutes ces idées, ensemble, exprime son domaine universel.

Daniel, dans la première lecture, au sujet du Christ, proclame prophétiquement : « Sa royauté ne sera pas détruite ». Dans le Credo nous prononçons, comme en écho, les paroles de l’ange Gabriel à Marie, « Son règne n’aura pas de fin ».

Dans la plupart du monde moderne, les monarchies ont été remplacées par des républiques avec des formes diverses de démocratie. Les chrétiens individuels, aussi, tout en appelant Jésus Seigneur, l’imaginent ordinairement vêtu comme les gens de son époque plutôt que vêtu royalement. Certains le voit plus facilement comme frère ou ami, et pourraient prendre offense de voir le Christ vêtu en roi.

La dernière monarchie française était en voie d’extinction à l’époque de l’Apparition de Notre Dame de la Salette. En ce même temps la religion était ignorée, attaquée même, dans de grands secteurs de la population. Tout ce qui était vue comme domination était rejeté.

Marie n’est pas venue en vue de restaurer une monarchie d’aucune sorte. Elle nous montre son Fils en croix, dénué, portant une couronne d’épines. Se soumettre à lui n’était pas simplement se soumettre à son autorité, mais plutôt à son amour infini et a sa miséricorde sans fin.

Aujourd’hui, en plusieurs endroits et de diverses manières, il y a un effort pour rejeter la foi chrétienne de la vie publique. Jésus se trouve pour ainsi dire devant un nouveau Pilate, insistant de nouveau : ” Ma royauté n’est pas de ce monde ». Son royaume n’est pas domination.

Il ajoute : « Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix ». C’est là que nous intervenons. Avec notre charisme de réconciliation, et notre tradition salettine de pénitence, de prière et de zèle, témoignons toujours de sa vérité. Alors que nous arrivons la fin de cette année liturgique, prions pour que son royaume demeure pour toujours dans nos cœurs.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Rassemblés dans l'espérance

(33e dimanche ordinaire : Daniel 12, 1-3 ; Hébreux 10, 11-18 ; Marc 13, 24-32)

Daniel prophétise, aujourd'hui, « un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent ». Jésus décrit des signes alarmants qui précèdent les derniers temps. La tentation pourrait se présenter d’établir une corrélation entre ces lectures et notre époque.

Le cas échéant, ce ne serait pas la première fois. En effet, rares sont lest temps, dans l’histoire de l’Eglise, où les persécutions, les désastres naturels, les épidémies, etc., n’ont pas été interprétés comme des signes de la seconde venue du Christ.

Ce n’est pas un mal. Cela sert de rappel à chaque génération d’être constante dans sa foi, tout en anticipant joyeusement le retour de notre Sauveur qui a offert le sacrifice sanglant pour nous racheter du péché.

Aujourd’hui la prière d’ouverture de la liturgie demande à Dieu de nous donner « de trouver notre joie dans notre fidélité ». Combien d’entre nous ont trouvé cela ? A la Salette, Marie a remarqué que très peu de gens participaient à la messe. La France de 1846 n’était pas connue pour sa ferveur religieuse. Au contraire elle souffrait de ce qu’on pourrait nommer le Trouble déficitaire de la foi (TDF).

La Belle Dame propose une espèce de thérapie pour le TDF : prière, Carême, respect du jour et du nom du Seigneur. Toujours attentive aux besoins de son peuple, elle parle non seulement d’événements épouvantables, mais elle offre de l’espérance aussi bien.

Daniel écrit de « tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre ». Jésus dit : « Le Fils de l’homme... enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel ». Marie utilise des mots simples pour exprimer la même réalité : "Mes enfants... mon peuple".

Elle connait bien la merveilleuse vérité qui se trouve dans le Catéchisme de l’Eglise catholique : « Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher » (n. 27).

Le psalmiste se réjouit de nommer le Seigneur « mon partage et ma coupe ». Toutes les lectures d’aujourd’hui nous dirigent ver le Dieu qui nous a créés à son image et qui désire nous attirer à lui-même. Solides dans notre foi, nous ne craignons pas sa venue.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

La pleine mesure

(32e dimanche ordinaire : 1 Rois 17, 10-16 ; Hébreux 9, 24-28 ; Marc 12, 38-44)

« Tiens, mon enfant, mange encore du pain cette année, car je ne sais pas qui va en manger l'an qui vient si le blé continue comme ça ! » Lorsque la Belle Dame rappela à Maximin ces paroles prononcées par son papa, le garçon avoua candidement : « Oh oui, Madame, je m'en souviens à présent. Tout à l'heure, je ne m'en souvenais pas ».

Marie est apparue à un peuple qui n'avait plus que sa dernière mesure de blé, de pommes de terre, de raisins et de noix. Il regardait la famine en face. Mais sa foi était faible, et il ne savait pas vers qui se tourner.

Telle était la situation de la veuve de la première lecture. Mais sa confiance dans la promesse du prophète l'a incitée à lui laisser la dernière mesure de nourriture. Dans l'Évangile également, une autre veuve, dont nous ignorons l'histoire, a donné au temple la dernière mesure de ses moyens personnels. Jésus attire l'attention de ses disciples sur elle, montrant la valeur de la vraie générosité animée par la foi.

Dans la deuxième lecture, l'auteur parle du Christ : « C’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice ». C'est Jésus tel que Marie nous le montre à La Salette : son Fils, donnant la dernière mesure de son amour, le prix de notre rédemption.

Le crucifix nous appelle à faire de même, à donner non pas de notre superflu, mais généreusement, de nos ressources, de notre temps ou de nos talents. Plus nous reconnaissons ce que nous avons reçu, plus nous devrions être disposés à partager. Dans Luc 6, 38, Jésus dit : « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous ».

Il se peut que nous n'ayons aucune de ces choses à donner. Mais nous partageons le sacerdoce du Christ, et dans l'Eucharistie, nous offrons ce que lui a offert.

Il y a toujours quelque chose que nous pouvons faire. Regardez le psaume d'aujourd'hui. Parmi les actions miséricordieuses de Dieu, nous trouvons : « Le Seigneur garde à jamais sa fidélité... le Seigneur aime les justes ». Nous pouvons favoriser des attitudes de confiance, en priant pour ceux qui servent les autres. Nous pouvons pardonner, et accepter le pardon.

Il se peut que la pleine mesure ne soit jamais exigée de nous. Cependant, Marie nous supplie de nous soumettre à son Fils, et de faire confiance à sa promesse d'une moisson abondante et d'une miséricorde abondante. Quelle est la valeur de cette promesse pour nous ?

Traduction : P. René Butler, M.S.

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